Tradükssion, open space et schnaps

7 novembre 2016 1 commentaire

Il y a quelques mois, je faisais état de la situation inédite à laquelle je me trouvais confronté. J’expliquais alors les mesures adoptées pour rebondir après une baisse d’activité soudaine : prospection de nouveaux clients, relance d’anciens, cocooning… et réflexion sur ma trajectoire professionnelle. Après tout, travailler en libéral n’est rien d’autre qu’une remise en question permanente.

C’est ce qui m’a poussé à prendre l’une des décisions les plus fortes de ma carrière jusqu’à présent : le retour temporaire au salariat. (Et pourtant, il en fallait beaucoup pour me faire abandonner mon pyjama de travail !)

Blague à part, il va de soi que cette décision a été mûrement réfléchie. J’ai eu la possibilité, grâce au réseau que je développe depuis plusieurs années, de postuler pour un emploi de quelques mois, ce qui m’a permis de rester actif tout en retrouvant, en fin de contrat, l’indépendance qui m’est chère.

Avant d’accepter cette mission, j’ai pris soin de discuter avec mes clients habituels, d’évoquer leur planning de traductions pour les mois à venir et de m’assurer que ce nouvel engagement serait compatible avec ma vie personnelle comme avec la reprise de mon activité en fin de mission. Tous les voyants étant au vert, y compris les entretiens d’embauche, j’ai sauté le pas.

Bien entendu, il y a toujours la crainte de passer à côté d’une traduction immanquable, voire de perdre des clients en route. Tout est question d’arbitrages. J’ai donc retrouvé la joie des transports en commun (et des grèves), mais aussi et surtout de la lecture. J’ai découvert au passage le travail en open space, les horaires avec pointage, les congés payés (décidément moins souples qu’en freelance) et même les arrêts maladie.

Au bout de 6 mois, quels enseignements ai-je tirés de cette expérience ? J’ai le sentiment de m’être bien adapté à ce changement d’environnement et au travail en équipe. Je me suis senti plus productif et efficace dans mon travail, et mon mode de vie était globalement plus actif. Sans oublier que le resto d’entreprise est un souci en moins pour la préparation des déjeuners ! Enfin, j’ai pu négocier du télétravail occasionnel, une bouffée d’air frais. De manière générale, j’ai pu élargir mes horizons, faire de nouvelles connaissances et sortir de ma zone de confort (qui était jusque-là limitée au trajet de ma chambre à mon bureau, soit à peu près 1m50).

Enfin, et c’est peut-être le plus important, le fruit de mon travail a été très gratifiant. D’une part, il s’agit de la plus grosse publication mondiale après la Bible, tirée à 15 millions d’exemplaires rien qu’en France. D’autre part, mon travail a été reconnu et apprécié par mes collaborateurs.

Le pyjama de travail, mal vu en entreprise

Le pyjama de travail, mal vu en entreprise ?

Bien entendu, tout n’est pas rose. Les temps de transport étaient longs, trop longs. Certes, j’ai pu réduire ma pile de livres en retard, mais les nuits étaient plus courtes et l’organisation moins souple, notamment pour la vie familiale. Et encore, je ne parle pas des grèves et des intempéries qui rendent ces trajets interminables. Comme je tenais à conserver mes clients habituels, j’ai régulièrement accepté des propositions de travail sur mon temps libre, ce qui a contribué aux longues journées et aux week-ends de plus en plus courts. N’oublions pas que le temps de transport accentue la fatigue physique et mentale, ce qui s’est traduit par plus de pépins physiques que d’habitude.

Et maintenant ? Voilà déjà plus d’un mois que j’ai rechaussé mes charentaises professionnelles. Mes clients les plus fidèles le sont restés et j’ai eu la chance de ne pas me retrouver le bec dans l’eau. En parallèle, j’ai réactivé d’anciens contacts et noué de nouveaux. Pour l’heure, c’est comme si je n’avais jamais quitté mon pyjama professionnel. Cette expérience était sans conteste enrichissante, humainement et professionnellement. Je sais aujourd’hui que je peux m’adapter à de nouvelles situations, mais je ne boude pas mon plaisir d’avoir retrouvé mes habitudes d’indépendant. C’est décidément le mode de vie qui me convient le mieux.

 

Une réflexion au sujet de « Tradükssion, open space et schnaps »

  1. Lor

    Intéressant, ce petit topo.
    Et pour la publi magique dont tu parles, j’ai entendu dire qu’elle était passée AVANT la Bible… à vérifier !
    Pour ma part, j’ajouterais que le boulot en indépendant me permet de caser de temps en temps une sortie scolaire (comme cet aprem) et une séance de running de jour (pas à 19h dans la nuit, ni à 6h du mat, impossible pour moi).
    Toutefois, je me pose exactement la même question que toi, temporairement ça m’amuserait, même si là pour le moment mon activité ne me permet pas vraiment de ralentir… J’ai juste envie d’un peu de changement.
    J’y penserai, en pensant à toi sans aucun doute !!

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