Créer un site multilingue #1 – La localisation

19 novembre 2013 3 commentaires

À l’occasion de la mise en ligne de la version anglaise de NJATB, je vous propose une nouvelle série de billets, déclinée en trois parties, sur la création d’un site web multilingue.

Concevoir un site en plusieurs langues pose plusieurs grands défis. Le premier est l’adaptation du contenu – ou localisation dans le jargon. Le second est la réalisation technique du site multilingue. Le troisième est étroitement lié à la deuxième solution et porte sur l’actualisation des différentes versions linguistiques.

Dans cette première partie, je vais donc vous présenter les difficultés que j’ai rencontrées lors de la localisation de mon site en anglais. Le deuxième volet de la série présentera le plug-in qTranslate, que j’utilisais jusqu’à présent. Enfin, le dernier billet portera sur la solution que j’ai retenue pour le site actuel.

Qu’est-ce que la localisation ?
Non, il ne s’agit pas d’une option à désactiver sur son smartphone (même si l’intitulé de ladite option a justement été localisé). La localisation est une branche de la « profession traduction » au même titre que la traduction audiovisuelle, éditoriale ou technique. En deux mots, cela consiste non seulement à traduire un texte, mais également à l’adapter aux spécificités culturelles de la langue cible. Plus concrètement, la traduction sera différente selon le lieu où elle sera lue.

La localisation concerne de nombreux produits, des biens de consommation aux logiciels. Avant de procéder à l’adaptation d’un texte, la première chose est de savoir à qui celui-ci est destiné. Si dans le cas d’un produit alimentaire la question est relativement simple (un packaging différent par pays de vente), les choses se corsent pour les sites Internet, puisque les internautes viennent de différents pays sur une même plate-forme.

Comment localiser un site ?
Dans ma situation, celle d’un traducteur de l’anglais au français, la cible est le « prospect » anglophone, qu’il soit britannique, américain, australien ou encore néo-zélandais. Mais les différences linguistiques entre ces variantes de l’anglais peuvent poser problème. Ainsi, lorsque je parle de football sur mon site français, dois-je le laisser tel quel en anglais, le traduire par « soccer » ou trouver une autre solution ? Ou bien dois-je faire plusieurs versions anglaises du site pour chaque variante linguistique ? Voilà qui serait bien fastidieux.

Skybox #3 - Mokha Laget - Peyton Wright Gallery - 2013

Skybox #3 – Mokha Laget – Peyton Wright Gallery – 2013

Il y a une troisième voie : celle-ci consiste à « lisser » le texte pour parvenir à une langue que l’on pourrait qualifier de neutre, dépourvue de régionalismes marqués. Certains arguent que cette solution nous conduirait vers une sorte de lingua franca, par définition pauvre. Mais David Bellos rétorque que ce « Tranglish » n’a rien à voir avec l’anglais commercial maladroit. S’évertuer à gommer les termes trop marqués américains ou britanniques représente un véritable exercice de style qui aboutit à « une langue presque invisible, qui n’offense personne« .

C’est en tout cas la méthode que j’ai retenue. Prenons l’exemple du sport, reflet culturel par excellence. Je tiens en effet à toucher la Grande-Bretagne, berceau du foot, au même titre que le pays de l’Oncle Sam, et son « football » qui se joue à la main. C’est pourquoi le « football » de ma page d’accueil s’est transformé, après traduction, en un sports générique. J’aurais pu opter pour l’hybride lourd football/soccer ou pour l’interminable Association football (le vrai nom du foot). Avec mon sports, je perds en précision, mais je gagne en portée internationale.

Bien sûr, la localisation d’un texte va bien au-delà des simples différences lexicales et doit répondre aux mêmes règles que n’importe quelle traduction. Contrairement au français, l’anglais est une langue d’action, où les textes à la première personne sont très courants. C’est une langue qui accepte les répétitions et privilégie les formes actives. Un traducteur professionnel en tiendra compte dans son travail.

D’ailleurs, la version anglaise de mon site a pu être réalisée grâce à la contribution de Mokha Laget, interprète-traductrice anglais-français et grande artiste (et je ne dis pas ça parce que nous partageons le même patronyme).

Conclusion
Que faut-il retenir de tout cela ? Que la localisation est avant tout une question de choix et de sensibilité culturelle. À vous de définir votre cible et de contacter un traducteur professionnel qui sera à même de vous proposer un texte adapté à cette cible, ou au contraire neutralisé et pertinent pour les différentes variantes linguistiques.

Rappel : ceci est le premier volet d’un triptyque consacré à la localisation d’un site web. Retrouvez le le deuxième volet sur les plug-ins WordPress et le troisième sur les versions linguistiques différenciées.

3 réflexions au sujet de « Créer un site multilingue #1 – La localisation »

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  2. dixit.com

    Il est vrai que le fait d’adapter son texte précisément pour chaque culture a un coût, mais cela peut être un investissement réellement bénéfique, car les clients ou visiteurs se rendent compte qu’ils sont face à du contenu textuel de qualité, qui se démarque.

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  3. Murielle

    Vous avez raison. Lorsqu’on envisage d’exporter dans un nouveau pays, il est indispensable d’adapter la stratégie de communication au public ciblé. Lorsqu’il s’agit d’un projet anglophone, les experts conseillent de lancer un site pour chaque pays (Royaume-Uni, Etats Unis, Australie, etc.). C’est indispensable pour réussir son projet, car chaque pays a ses particularités.

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