Archives pour la catégorie Tout un métier

2016 en une image

17 janvier 2017 0 commentaire

J’ai pris l’habitude, ces derniers temps, de dresser le bilan de l’année écoulée. Après une période de remise en question en 2015, l’année 2016 aura été celle du nouveau départ.

Outre mon expérience chez les Suédois, mon travail de prospection a abouti à quatre nouvelles collaborations avec des éditeurs, rien que ça ! J’ai ainsi eu la chance de continuer à naviguer entre les différentes disciplines sportives , mais aussi d’intégrer professionnellement le milieu détonnant de la « pop-culture ».

Je ne me prêterai pas au jeu des statistiques pour 2016, ce millésime étant difficilement comparable aux précédents. Mais une image valant mieux que mille mots, j’ai choisi de résumer (une partie) de mon travail des douze derniers mois en une photo ! Des comics aux catalogues de meubles en passant par les records en tous genres et les batailles spatiales, 2016 aura été prolifique, intrigante et passionnante. Et vous savez quoi ? 2017 s’annonce encore plus folle !

Et si vous partagiez aussi une image qui résume votre année ? Laissez parler votre créativité en commentaires ou sur Twitter !

Tradükssion, open space et schnaps

7 novembre 2016 1 commentaire

Il y a quelques mois, je faisais état de la situation inédite à laquelle je me trouvais confronté. J’expliquais alors les mesures adoptées pour rebondir après une baisse d’activité soudaine : prospection de nouveaux clients, relance d’anciens, cocooning… et réflexion sur ma trajectoire professionnelle. Après tout, travailler en libéral n’est rien d’autre qu’une remise en question permanente.

C’est ce qui m’a poussé à prendre l’une des décisions les plus fortes de ma carrière jusqu’à présent : le retour temporaire au salariat. (Et pourtant, il en fallait beaucoup pour me faire abandonner mon pyjama de travail !)

Blague à part, il va de soi que cette décision a été mûrement réfléchie. J’ai eu la possibilité, grâce au réseau que je développe depuis plusieurs années, de postuler pour un emploi de quelques mois, ce qui m’a permis de rester actif tout en retrouvant, en fin de contrat, l’indépendance qui m’est chère.

Avant d’accepter cette mission, j’ai pris soin de discuter avec mes clients habituels, d’évoquer leur planning de traductions pour les mois à venir et de m’assurer que ce nouvel engagement serait compatible avec ma vie personnelle comme avec la reprise de mon activité en fin de mission. Tous les voyants étant au vert, y compris les entretiens d’embauche, j’ai sauté le pas.

Bien entendu, il y a toujours la crainte de passer à côté d’une traduction immanquable, voire de perdre des clients en route. Tout est question d’arbitrages. J’ai donc retrouvé la joie des transports en commun (et des grèves), mais aussi et surtout de la lecture. J’ai découvert au passage le travail en open space, les horaires avec pointage, les congés payés (décidément moins souples qu’en freelance) et même les arrêts maladie.

Au bout de 6 mois, quels enseignements ai-je tirés de cette expérience ? J’ai le sentiment de m’être bien adapté à ce changement d’environnement et au travail en équipe. Je me suis senti plus productif et efficace dans mon travail, et mon mode de vie était globalement plus actif. Sans oublier que le resto d’entreprise est un souci en moins pour la préparation des déjeuners ! Enfin, j’ai pu négocier du télétravail occasionnel, une bouffée d’air frais. De manière générale, j’ai pu élargir mes horizons, faire de nouvelles connaissances et sortir de ma zone de confort (qui était jusque-là limitée au trajet de ma chambre à mon bureau, soit à peu près 1m50).

Enfin, et c’est peut-être le plus important, le fruit de mon travail a été très gratifiant. D’une part, il s’agit de la plus grosse publication mondiale après la Bible, tirée à 15 millions d’exemplaires rien qu’en France. D’autre part, mon travail a été reconnu et apprécié par mes collaborateurs.

Le pyjama de travail, mal vu en entreprise

Le pyjama de travail, mal vu en entreprise ?

Bien entendu, tout n’est pas rose. Les temps de transport étaient longs, trop longs. Certes, j’ai pu réduire ma pile de livres en retard, mais les nuits étaient plus courtes et l’organisation moins souple, notamment pour la vie familiale. Et encore, je ne parle pas des grèves et des intempéries qui rendent ces trajets interminables. Comme je tenais à conserver mes clients habituels, j’ai régulièrement accepté des propositions de travail sur mon temps libre, ce qui a contribué aux longues journées et aux week-ends de plus en plus courts. N’oublions pas que le temps de transport accentue la fatigue physique et mentale, ce qui s’est traduit par plus de pépins physiques que d’habitude.

Et maintenant ? Voilà déjà plus d’un mois que j’ai rechaussé mes charentaises professionnelles. Mes clients les plus fidèles le sont restés et j’ai eu la chance de ne pas me retrouver le bec dans l’eau. En parallèle, j’ai réactivé d’anciens contacts et noué de nouveaux. Pour l’heure, c’est comme si je n’avais jamais quitté mon pyjama professionnel. Cette expérience était sans conteste enrichissante, humainement et professionnellement. Je sais aujourd’hui que je peux m’adapter à de nouvelles situations, mais je ne boude pas mon plaisir d’avoir retrouvé mes habitudes d’indépendant. C’est décidément le mode de vie qui me convient le mieux.

 

Le cap des 7 ans (ou les chiffres d’une année noire)

8 février 2016 2 commentaires

On dit parfois qu’un couple amoureux traverse plusieurs crises dans sa construction : le passage de la fusion à la différenciation au bout de 3 ans, puis de la différenciation à l’attachement après 7 ans, sans parler des événements de la vie.

En irait-il de même avec une entreprise ? Si le cap des 3 ans a été heureux dans mon cas, mon activité ayant fait un bon de l’auto-entreprise au régime de l’entreprise individuelle, les nuages se sont bien amoncelés au-dessus de ma tête lors de la septième année… qui était aussi la troisième en EI.

2015, année noire

Si 2014 fut une année faste pour mon activité, le millésime suivant ne restera pas dans les annales. Observons ces deux années à la lumière de quelques chiffres révélateurs.

  • Une cinquantaine de factures émises en 2014, moins de la moitié en 2015.
  • Un chiffre d’affaires en dégringolade de 90 % en glissement annuel.
  • Un montant moyen des factures divisé par 5.
  • De 6 donneurs d’ordres réguliers en 2014 à 10 clients ponctuels l’année suivante.
  • 1 client représentant 80 % du CA en 2014, 3 clients autour de 25 % en 2015.
  • Les droits d’auteurs ont dépassé les honoraires pour la première fois.
Évolution du CA

Évolution du CA depuis la création de mon entreprise

Comment expliquer un tel delta d’une année sur l’autre ? Tout d’abord, par l’exceptionnel cru 2014, point culminant de ma carrière à ce jour. Ensuite, par un fâcheux concours de circonstances dès les premières heures de la nouvelle année : un client en redressement judiciaire, un autre cesse toute activité de traduction, un troisième change son organisation interne et renouvelle ses prestataires, un quatrième délaisse la traduction au profit des réseaux sociaux, un cinquième, enfin, quitte son poste. Fâcheux, vous dis-je.

Ma petite entreprise… connaît la crise

Mon idylle entrepreneuriale aurait-elle fait long feu ? D’un point de vue comptable, l’affaire est mal embarquée. Heureusement, mon activité de traducteur d’édition a compensé le trou noir libéral : encore 5 livres traduits en 2015, pour un volume total de près de 1 500 feuillets (portant à 38 le nombre de traductions et collaborations totales sur des livres).

L’édition (et ma formidable épouse) m’a donc permis de rester à flots. Pour mieux rebondir. Mais comment ?

Je me suis sérieusement posé la question : mettre un terme à mon activité libérale et ne garder que l’édition ? Repasser à un régime simplifié de micro-entreprise ? Poursuivre coûte que coûte ?

J’ai choisi de poursuivre. Et d’utiliser mon temps libre à bon escient. Pour commencer, en prenant du temps pour moi, pour faire tout ce que je n’ai pas pu faire au cours des mois surchargés précédents : profiter de ma famille, partir au vert, faire des travaux chez moi, me consacrer à mes hobbies (guitare, yoga, course à pied). Mens sana in corpore sano.

Et du point de vue professionnel, j’ai mené à bien mon mandat au comité directeur de la SFT, j’ai renouvelé mes outils de travail, j’ai rafraîchi mes connaissances et mes compétences, j’ai élargi mon réseau en faisant ma présentation « Traduire le Sport » à Expolangues, à Nantes pour la SFT et encore en février 2016 au Salon de la Mobilité et du Travail.

Salon de la mobilité 2016

Salon de la mobilité 2016

Ensuite, il a fallu remettre le pied à l’étrier et relancer des campagnes de prospection, chose que je n’avais plus faite depuis plusieurs années. On met à jour le CV, les lettres de contact et on active tous les réseaux possibles : anciens clients et prospects, collègues et proches, associations professionnelles, LinkedIn.

Démarcher. Se vendre. Parler. Écouter. Relancer. Résister. Attendre.

Quels enseignements tirer ?

Personne n’est à l’abri d’un trou d’air. On le répète assez souvent, mais il est essentiel de rester actif, surtout lorsque l’on exerce en libéral de chez soi. Le risque de sombrer dans une forme d’inertie est grand. Pour cela, rien de mieux que les réseaux professionnels et les amis. Comme me l’a récemment dit une amie : « En fait, t’es comme un intermittent ». Pas loin, en effet.

Bien entendu, se constituer un éventail de clients diversifié est indispensable, mais cela ne suffit pas toujours. Il est nécessaire de rester constamment à l’écoute des possibilités commerciales, de ne pas trop privilégier un client aux dépens des autres, de se fermer un minimum de portes.

Je n’ai pas encore retrouvé mon rythme de croisière. Mais je suis toujours à flot. Ma petite barque a résisté à cette première bourrasque et en traversera d’autres. Quoi qu’il en soit, rien ne m’enlèvera le plaisir d’être à mon compte ni le bonheur de traduire.

Les maux du traducteur

27 février 2015 5 commentaires

Si un traducteur compte les mots au quotidien, les maux quotidiens comptent aussi beaucoup pour lui.

Bien malgré moi, j’ai toujours eu une fâcheuse propension à maltraiter mon corps. Claquages en série, entorses bêtes et méchantes, douleurs chroniques, brûlures ménagères… Le spécialiste de l’accident con, vous dis-je.

Ces petits maux du quotidien peuvent devenir très gênants à l’approche d’une date butoir. Alors pour ne plus être pris au dépourvu, je vous propose ici quelques solutions que j’ai trouvées pour continuer à rester un minimum productif en dépit des bobos. N’hésitez pas à partager vos remèdes de grand-mère dans les commentaires. Mais avant tout, consultez votre médecin !

Lire la suite

La traduction en 10 questions

15 février 2014 11 commentaires

Tu rêves de devenir traducteur ? (Quelle drôle d’idée !) Tu t’imagines déjà étudier d’antiques manuscrits à la lumière vacillante d’une bougie, dangereusement posée en équilibre sur des piles incertaines de livres séculaires, un crâne dans le coin de ton bonheur-du-jour en bois vermoulu pour faire staïl ?

Sache que la vérité n’est peut-être pas si éloignée.

Au travers de ce blog et de mes activités à la Société française des traducteurs, j’ai eu l’occasion de répondre à de nombreux jeunes gens s’interrogeant sur leur avenir et sur le métier de traducteur.

C’est pour eux, pour toi, que j’ai rédigé cet article. Tu y trouveras les réponses aux 10 questions que l’on me pose le plus souvent (et un bonus) (gratos) (ne me remercie pas). Si tu en as d’autres, n’hésite pas à jeter un œil à mes FAQ ou à me contacter directement. Et si t’es flemmard (welcome to my world), tu trouveras une liste des questions pour directement passer à celle qui t’intéresse et une réponse courte en fin de tirade.

La traduction en 10 questions :
1. La traduction, c’est quoi ?
2. Oui, mais l’interprétation ?
3. Super, alors comment je deviens traducteur ? Un diplôme de traducteur, c’est indispensable ?
4. Quelles sont les qualités pour devenir traducteur ?
5. Est-ce que je trouverai facilement un emploi en traduction ?
6. Et donc je les trouve comment, ces clients ?
7. Et on traduit quoi, quand on est traducteur professionnel ?
8. Ouais bof, moi c’est Harry Potter 18 et la Plume impotente du Grimoire célestin que je veux traduire. Je commence quand ?
9. Et euh, comment dire, ça touche des pépètes un traducteur ?
10. Mettons. Alors je dois facturer combien pour m’acheter un château en Espagne ?
Question bonus

 

Lire la suite

Coworking, bilan (d’étape)

13 janvier 2014 0 commentaire

Plus de deux mois après mon billet sur le coworking et La Cordée, il est temps de tirer un premier bilan de cette expérience.

Et ce bilan est… comment dire… mitigé.

Attention, le concept du cotravail est excellent, pour tous les avantages dont j’ai parlé précédemment. Et La Cordée est un espace parfait pour cela. Alors d’où vient le problème ?

C’est pas toi, c’est moi
Il y a deux mois, je m’étais fixé comme objectif de ne pas chauffer ma chaise de bureau le vendredi. Je prévoyais une petite sortie sportive le matin et l’après-midi au chaud à La Cordée.

Au final, je n’ai réussi à me rendre à La Cordée que deux ou trois fois en deux mois. La faute à des impondérables familiaux ou professionnels. Chaque vendredi, je trouvais une bonne raison.

Celle qui revenait le plus souvent était : pourquoi braver le froid parisien pour être mal assis devant mon petit portable et son petit clavier, alors que je suis si bien chez moi avec mes bouillottes félines et mon multiécran ?

Plus de souplesse
Si j’ai choisi d’être indépendant, c’est aussi pour échapper aux horaires fixes et au froid parisien. Pas étonnant qu’il me soit difficile de me soumettre à des contraintes telles que “Vendredi, tout le monde dehors”, surtout en hiver.

La solution pour moi serait donc d’aller à La Cordée au gré de mes envies et de mes besoins. Me connaissant, c’est aussi prendre le risque de ne jamais y mettre les pieds.

Avec le recul, la solution du cotravail aurait été idéale pour moi avant que mon fils ne soit scolarisé. Mon espace professionnel était alors plus bruyant, ma concentration éphémère. Mais depuis que j’ai retrouvé des conditions de travail convenables, je n’éprouve plus autant le besoin de changer d’air.

Partie remise
“Améliorer la productivité, faire des rencontres, varier le quotidien, sortir de sa zone de confort…” Autant de raisons que j’avançais il y a deux mois pour justifier une dépense conséquente. Tout cela n’était donc que du vent ?

Non, bien entendu. Ces arguments restent plus valables que jamais (j’ai même croisé une traductrice lors de ma dernière visite). Cependant, ils n’ont pas encore réussi à faire pencher ma balance personnelle en faveur due coworking.

J’ai donc refait mes calculs d’apothicaire. Prendre un abonnement à La Cordée parisienne ne devient financièrement intéressant qu’à partir de 24 heures par mois (120 €). Si vous prévoyez d’y passer moins de temps, il revient moins cher de ne pas prendre d’abonnement malgré un tarif horaire majoré (5€/h sans abonnement, 4 €/h avec).

C’est pour cela que j’ai décidé de résilier mon inscription, ce qui me laisse tout de même la liberté de fréquenter l’espace quand bon me semble.

Conclusion (d’étape)
Le coworking est à mon sens une pratique présentant de nombreux avantages, qui compensent largement les quelques inconvénients qu’on peut y trouver. Mais il ne convient pas à tout le monde.

À l’heure actuelle, mon mode de travail me satisfait pleinement et je n’éprouve pas le besoin d’en changer, même si l’agencement de mon bureau installation mériterait d’être repensée. Cependant, je garde La Cordée sous le coude (enfin, autour de la taille) et n’hésiterais pas à m’y rattacher dès que besoin.

Ce qui ne manquera pas d’arriver. Coupures de courant ou de wifi, enfant malade, travaux… Les situations où mon espace de travail n’est plus propice à la concentration ne manquent pas. Pour ces jours-là, j’ai une solution toute trouvée.

José Mourinho : le cauchemar des interprètes ?

23 décembre 2013 2 commentaires

José Mourinho est entraîneur de football. L’un des meilleurs, même. Mais contrairement à la majorité des ses confrères, il n’a jamais été joueur.

Dans une autre vie, José Mourinho était interprète.

À vrai dire, il était l’adjoint de l’Anglais Sir Bobby Robson, une légende du sport alors entraîneur de Barcelone, pour qui il assurait la traduction en espagnol. Il faut dire qu’en plus du portugais, sa langue natale, Mourinho maîtrise parfaitement l’espagnol, mais aussi l’italien, l’anglais et le français.

Aujourd’hui, c’est lui est traduit dans toutes les langues. Et autant dire qu’il veille au grain. Ainsi, Mourinho est devenu au fil des ans la terreur des interprètes en conférence de presse. L’autoproclamé « Special One » a bâti sa légende sur ses résultats, mais aussi son franc-parler, à mille lieues des poncifs de ses confrères (« Je crois que bon, on a bien joué, l’important c’est les trois points, mais la saison est encore longue »).

Alors dès qu’un interprète ose s’égarer dans sa retranscription, vous pouvez être sûr que Mourinho lui tombera dessus. Ambiance.

Acte I

Septembre 2010. De passage à Auxerre avec son équipe du Real Madrid, Mourinho se voit demander si son équipe méritait de gagner ce soir-là.

Mourinho : We had some matches in Spain where we had 15 chances to score. We didn’t score. We draw 0-0 against Mallorca. We draw 0-0 against Levante. And everybody was saying we didn’t deserve to win because we didn’t score. Today we scored, so today we deserve to win.

L’interprète : D’après l’entraîneur, nous méritons de gagner, malgré les matches nuls contre Levante et Majorque.

Mourinho : Non. [Hilarité générale]

L’interprète : Non ?

Mourinho : J’ai dit que contre Levante et Majorque, nous avons créé 15 situations de but, nous n’avons pas marqué, les matches se sont terminés 0-0 et tout le monde a dit que nous ne méritions pas de gagner le match. Aujourd’hui 1-0. Si tout le monde est pragmatique, OK, nous méritons de gagner le match.

(à partir de 3 minutes)

Acte II

Décembre 2011. Le Real de Mourinho voyage à Amsterdam, sur les terres de l’Ajax. La conférence d’avant-match se déroule en anglais. Dialogue :

Mourinho : I thought the history of my punishment would be a start for a better football.  And if I have to be punished for a better football, I would be pleased to do that. But no, it was just for me. Football is the same, people do the same, people are not punished, so it was just for me.

L’interprète : Siempre es un buen sentido estar otra vez aquí en Ámsterdam. Lo que paso puede pasar da cualquier persona y miramos al futuro.

Mourinho : No. Lo siento, no. No he dicho esto. Lo siento. Se no lo entiende, no tengo que repetir. No soy traductor.

Acte III

Décembre 2013. Souvent grande gueule, parfois mauvais perdant, Mourinho peut aussi être beau joueur. (Re)devenu entraîneur du club londonien de Chelsea, Mourinho se déplace en Roumanie. Après une longue tirade, l’interprète roumain passe plusieurs minutes à restituer ses propos. Si on peut légitimement penser que le Portugais n’est cette fois pas apte à juger de la qualité de la traduction (quoique, le roumain est la seule langue latine qui manque au répertoire du « Mou »), il en reconnaît toutefois le mérite. C’est ainsi que Mourinho lance : « Qui paye ce type ? Il faut lui doubler son salaire ! », avant de lui remettre son sweatshirt dédicacé en fin de conférence.

Des livres (traduits) pour Noël !

18 décembre 2012 0 commentaire

Décembre, c’est aussi le mois des cadeaux. Il ne reste que quelques jours avant la tournée du Grand Barbu, et si vous êtes à court d’idées, vous trouverez mes derniers travaux dans toutes les bonnes crémeries.

Pour les esthètes

Edward Hopper à New York, à l’occasion de l’exposition au Grand Palais de Paris.  Le Huffington Post a écrit sur l’expo et le livre:

En réunissant plus de 50 scènes new-yorkaises saisissantes, Avis Berman explore comment le peintre et sa ville se répondent. Avec lui elle n’est plus purement plastique : elle ouvre à la perception de la solitude qui creuse la vie de ses passantes

BERMAN Avis, Edward Hopper à New York, Soline éditions, ISBN 2-87677-512-1

Pour les mélancoliques

Les Annales d’Eelin-Ok, un conte éthéré sur la vie d’un elfe des sables, dont l’existence éphémère est liée à celle du château de sable qu’il se choisit comme demeure. Une nouvelle récompensée au Prix de la littérature spéculative de la Fondation Fountain. C’est à retrouver dans la revue semestrielle Fiction. Petit extrait :

Avant qu’un château de sable ne soit érigé sur la plage, les Twilmish ne sont qu’une notion, l’imperceptible probabilité d’une présence féerique. Sous leur forme matérielle, ils hantent les côtes des siècles durant, attendant leur heure comme une idée attend d’être imaginée. Peut-être as-tu déjà vu un petit tourbillon s’élever au-dessus de la neige, l’hiver sur la plage : c’est un signe de présence twilmishe. Ce phénomène s’explique par l’énergie qu’il puise dans la rencontre entre la terre et la mer ; attraction et répulsion créent une force circulaire, comme un chien pourchassant sa queue.

FORD Jeffrey, Les Annales d’Eelin-Ok, Fiction T15, Les Moutons Électriques, ISBN 2-36183-081-6

Pour les rêveurs

Publié pour la première fois en Italie en 1973, « Robin dei Pirati » est un album aux illustrations stimulantes, très détaillées et dans un style joyeusement rétro. Le jeune Robin parcourt les mers et croise des personnages légendaires comme Moby Dick ou le capitaine Achab. Un conte dès 6 ans. La critique du blog « Journal d’un libraire » :

Les années 70 se plaisent à une érudition aventureuse, voir psychédélique, on pense à quelques dessins animés de l’époque… La jeunesse en 70 devait se concevoir comme un opéra rock au pays des pirates et des livres d’aventures. Adulte, on pense un peu aux Monty Python où tout un tas de références culturelles trouvent un délire à leur mesure. Une ambiance hors norme et des pages à regarder sans fin. A raconter où à lire tout seul….

LIBENZI E., Robin et les Pirates, Sarbacane, ISBN 2-7532-0488-1

Pour les jeunes découvreurs
Le Grand livre de l’Univers s’adresse aux plus jeunes, dès 8 ans (la couverture dit 6 ans, mais croyez-moi, ça reste scientifique et technique par endroits). Liyah en a fait sa critique, dont voici un extrait :

Ce livre est vraiment très complet, très riche et détaillé, tout en restant clair, attractif et très agréable à lire. Toutes ces qualités ne sont pas faciles à atteindre pour des livres qui se destinent aux enfants, mais qui ont pour vocation première, de faire apprendre, et découvrir les sciences.

GOLDSMITH M., Le Grand livre de l’Univers, Rouge et Or, ISBN 2-2614-0415-8

Toujours sur L’Espace, et toujours pour les plus petits (à partir de 9 ans), je vous propose cette fois un livre plus ludique car interactif : certaines doubles pages sont en effet en réalité augmentée. Placez le livre devant une webcam et des animations se lanceront sur l’ordinateur. Amusant, fascinant et intelligent !

STOTT C., L’Espace, Nathan ISBN 2-09-254286-6

Dans la même collection en réalité augmentée, si votre petit bout cherche à comprendre comment s’articule un squelette ou à quoi sert le sang, Le Corps en action répondra à toutes ses interrogations sur le corps humain !

WALKER R., Le Corps en action, Nathan, ISBN 2-0925-3564-6

 

Décembre, l’heure des bilans

12 décembre 2012 1 commentaire

Décembre, l’heure des bilans. Que s’est-il passé pour moi en 2012 ?

Le changement majeur aura été le passage du régime d’auto-entrepreneur à celui d’entrepreneur individuel, « statut historique » des indépendants. L’activité aura été plutôt stable par rapport à 2011, quoiqu’en légère baisse en raison d’un quatrième trimestre calme.

2012, c’est :

  • 590 heures de travail sur UEFA.com
  • 160 feuillets pour Courrier International
  • 16 articles pour Men’s Health
  • 13 articles (seulement) pour le blog
  • 12 voyages et week-end hors de Paris, dont deux à l’étranger
  • 5 livres traduits dont 2 nouvelles
  • 3 après-midis de formation « Écriture, traduction, réécriture : les après-midi stylistiques de la SFT », animée par le grand Hédi Kaddour
  • 2 salons du Livre
  • 1 élection au Comité directeur de la SFT
  • 1 nouveau siège de bureau ergonomique
  • et d’innombrables heures de traduction !

Et le blog dans tout ça ? Et bien c’est lui qui a pâti de tous ces chiffres. Je réfléchis aujourd’hui à lui donner une nouvelle impulsion, une nouvelle ligne éditoriale peut-être, une nouvelle apparence, qui sait.

Après tout, depuis sa création voilà quatre ans, le paysage bloguesque s’est étoffé et de nombreux traducteurs ont rejoint la toile et font un travail admirable.

20/20 en doigts

25 mai 2011 5 commentaires

L’être humain éprouve un besoin instinctif de se comparer à ses pairs, de classer et de catégoriser. Il a besoin de hiérarchie pour lutter contre l’anarchie et se rassurer. Les sociétés humaines nous obligent à constamment faire nos preuves.

Tout au long de la vie, nous sommes soumis au regard des autres. Ça commence dans le ventre de notre mère, pour vérifier qu’on a une gueule humaine. À la naissance, les parents vérifient qu’on a bien 20/20 en doigts. Ça continue à l’école, où on nous pousse à avoir 20/20 en maths (un peu moins, ça passe aussi, contrairement aux doigts). Puis chez l’ophtalmo qui note la vue (sur 10 seulement, c’est le nombre d’années d’études qu’il a faites, son chiffre fétiche). Puis au collège, au lycée, au bac, aux concours des grandes écoles, à l’université, aux examens de diplôme… Et ça ne s’arrête pas là.

La traduction ne fait bien entendu pas exception. Notre travail est souvent scruté et les critiques sont féroces quand la qualité n’est pas au rendez-vous. Les louanges, même méritées, sont bien moins spontanées.

Certains donneurs d’ordre poussent ce principe à l’extrême et vont jusqu’à infantiliser leurs collaborateurs. Je pense par exemple à ces agences qui emploient des systèmes scolaires d’évaluation des traducteurs par l’attribution de notes à chaque projet. Une moyenne calculée selon certains critères tels que l’emploi d’une terminologie adaptée, le respect des consignes, la mise en page, etc. Ou d’autres moins objectifs comme une tournure de phrase qui déplaît. Si la note est correcte, pas un mot. Si la note est jugée faible, on vous rappelle à l’ordre.

Un moyen comme un autre de séparer le bon grain de l’ivraie ? Peut-être, mais ce n’est certainement pas le meilleur.

Il m’est arrivé plusieurs fois, au cours de ma jeune carrière, de me frotter à des critiques plus ou moins pertinentes de mon travail. Si j’accepte généralement bien les remarques, que je vois comme un moyen d’améliorer mon travail, la dernière en date m’a plus affectée que je ne l’aurais pensé. J’y vois plusieurs raisons.

• Sur le fond, tout d’abord : le caractère plutôt exceptionnel de ces critiques les rend encore plus notables et induit une remise en question.

• Ensuite, sur la forme : un simple mail d’une ligne envoyé par un responsable quelconque, le genre gros bras laconique qui sort d’on ne sait où pour emballer vos affaires dans un carton et vous accompagner jusqu’à la sortie. Or donc, attaché à ce mail se trouvait un fichier compilant quelques remarques moins diplomates les unes que les autres, voire blessantes, sans doute issues de l’esprit malicieux d’un relecteur mal luné.

• Autre aspect délétère, conséquence directe des deux points précédents : l’absence cruelle de droit de réponse. Ici, le traducteur n’est pas impliqué dans le processus de révision, comme c’est le cas dans d’autres agences ou certaines organisations internationales. Il lui est donc impossible de justifier ses choix et de défendre son travail. L’agence toute puissante ne tolère aucune contestation.

Alors, quelle réaction adopter dans une telle situation ? Plusieurs cas de figure peuvent se présenter :

  1. Les critiques sont fondées. Il faut essayer de ne pas s’inquiéter (ce qui est plus facile à dire qu’à faire) et comprendre ce qu’il s’est passé. Il arrive parfois que l’on soit fatigué, débordé, que l’on ait la tête ailleurs ou qu’un texte nous plaise moins qu’un autre. Il faut bien étudier la révision, remercier le réviseur et s’en servir par la suite pour ne plus reproduire les mêmes erreurs. Vous pouvez, par exemple, faire un glossaire propre à ce client ou afficher au-dessus de votre écran les points à ne pas oublier pour les projets suivants. Et pensez à prendre quelques jours de vacances ; les accidents arrivent, et un peu de repos permet souvent d’arranger les choses.
  2. Les critiques sont infondées. Vous êtes convaincu que votre travail est de bonne qualité, que le réviseur a une dent contre votre style rédactionnel ? Le mieux est sans doute de décrocher son téléphone, voire de passer à l’agence si c’est possible, pour qu’une véritable discussion s’engage avec le réviseur. Déployez des trésors de diplomatie, sous peine de faire fuir une source de revenus : évitez par exemple de tout contester en bloc (pour ne pas avoir à son tour l’attitude du gros bras pas futé), illustrez vos propos et appuyez-vous sur des sources fiables. Si tout cela est impossible, peut-être est-il temps de trouver un client plus conciliant. Quoi qu’il arrive, évitez de crier à l’injustice, ça n’attire rien de bon.
  3. Il y a du lard et du cochon dans votre travail. Inspirez-vous des deux points ci-dessus.

Dans tous les cas, adoptez une attitude professionnelle. Essayez d’obtenir des comptes-rendus aussi détaillés que possible. Soyez objectifs, reconnaissez vos erreurs et défendez vos choix de traduction. Un feed-back doit être enrichissant, afin de vous aider à progresser, et non pas de vous convaincre que vous vous êtes trompés de métier.

Si vous aussi, vous avez déjà fait face à des critiques, n’hésitez pas à partager votre expérience et votre réaction dans les commentaires.

 

 

 

(Un grand merci à Vanessa et Magali pour leur aide sur ce billet)

Coquille sous roche

14 avril 2011 4 commentaires

Certains d’entre vous le savent déjà, j’ai moi aussi participé à la grande aventure européenne (en partenariat avec Les Piles). En attendant peut-être un compte-rendu in extenso de la journée de concours (pour le moment, je trépigne d’impatience alors que les résultats sont attendus pour juin), des collègues m’ont soufflé une idée de billet.

Je ne suis pas sûr d’avoir le droit de diffuser le texte italien du concours de l’UE pour la traduction, que j’ai retrouvé sur Internet. Ce que je peux dire en tout cas, c’est qu’il s’agit d’un article tiré de R2 Diario, le supplément de la Repubblica. Le jour du concours, plusieurs candidats et moi-même avons remarqué une coquille dans le texte source. Un nom propre dont la seconde occurrence a été mal orthographiée. À moins qu’il ne s’agisse des Dupont et Dupond de la Repubblica.

Oui mais voilà : cette faute n’existe pas dans le texte original.

Alors que s’est-il passé ? Simple coquille ou petit piège vicieux ? J’imagine mal des petites mains européennes retaper les textes de tous les concours juste pour avoir une mise en page standard quand il est tellement simple de copier-coller. C’est donc une faute rajoutée, volontairement ou non, à l’épreuve de l’UE. Serait-ce une énième méthode pour évaluer notre concentration et l’attention portée aux détails ?

Dans le doute, j’ai ajouté une note de traducteur à la fin de mon travail pour indiquer qu’il s’agissait probablement d’une erreur.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Simple inattention dans la préparation des copies ou piège délibéré ?

Vacances de travail: le retour

3 février 2011 3 commentaires

Vous vous en souvenez probablement, l’année dernière, j’avais inauguré les « vacances de travail » imaginées par Translating Berlin. J’étais donc parti pendant plus de deux mois aux États-Unis pour parfaire mon anglais, ma culture américaine et visiter le pays tout en continuant à travailler normalement avec mes clients habituels. La recette s’est avérée tellement plaisante que j’ai décidé de remettre le couvert cette année. Cette fois, la fiche d’identité est un peu différente:

Destination: Barcelone, Espagne
Durée: Deux mois
Hébergement: Sous-location d’une chambre en colocation
Objectif: Apprendre l’espagnol (non, pas le catalan)

Pour être tout à fait honnête, je ne pars pas de zéro en espagnol. Non seulement mes connaissances en italien et français constituent une bonne base, mais j’ai également suivi quelques cours par le passé. Le souci est que je suis bien loin de maîtriser la langue pour m’en servir dans mon travail.

Je pars donc en immersion totale catalano-castillane, avec au programme des cursos de conversación chez Don Quijote et des échanges linguistiques et culturels avec les autochtones. Côté bouillon de culture, des week-ends à Montserrat, Gérone, Tarragone sont au programme, de même qu’une soirée au Camp Nou (purement professionnelle, bien entendu).

Restez branché pour plus d’informations !

Être traducteur, ça ne mange pas de pain

18 janvier 2011 16 commentaires

Enfin, un peu quand même.

Ces dernières semaines, j’ai rencontré un certain nombre d’étudiants et de professionnels désireux de mieux connaître la traduction libérale. Je leur parle des nombreux avantages, des quelques inconvénients, des à-côtés, mais aussi et surtout de ma vie au quotidien.

« Comment fais-tu pour te motiver le matin ? C’est pas trop dur d’être tout seul toute la journée ? Tu manges quoi le midi ? » me demandent-ils.

 

Réponse : le midi, je mange ça :

Et encore, là, c’est équilibré.

Pour ceux qui n’ont pas trop le cœur à déjeuner seul devant le JT de 13 h, il y a une autre solution, que je n’ai pas encore testée : le colunching.

Après le coworking, où l’on pouvait louer un espace à l’heure ou au mois pour travailler avec d’autres traducteurs et auteurs en tout genre, le colunching a fait son apparition il y a quelques mois. En France, c’est colunching.fr qui tient la corde. Le site n’est pas encore fonctionnel, mais la page facebook est très active. Le principe est simple : on réserve une place à une table de huit autres colunchers maximum, et on apprend à se connaître autour d’un bon plat !

N’hésitez pas à partager vos expériences de colunching ou vos photos de plateau-repas.

Et bien entendu – cerise sur le gâteau – passez une excellente année à tous sur NJATB !

Lâche toi, traduis!

10 novembre 2010 7 commentaires

Souvenez-vous, il y a quelques jours, je vous parlais des traductions commerciales en prenant exemple sur la pub télé Calvin Klein ou sur les affiches Levi’s dans le métro. Mon inspiration provenait en grande partie des Piles. Et bien, faute d’avoir pu retrouver l’affiche Levi’s pour vous en présenter une photo (peut-être que je devrais sortir un peu plus ?), je suis tombé sur un autre phénomène que je tenais à partager ici.

Cette fois, c’est Nike qui trébuche. Et pourtant, la « traduction » est plutôt bonne. Voilà le sujet du délit:

« Lâche ton run », avec le fameux petit axtérixme juste en dessous et la « traduction »: Lâche toi, cours. Et bien pour une fois, je dois dire que je préfère de loin la traduction à ce slogan pseudo accrocheur en mauvais  anglo-français.

Non mais sincèrement, vous trouvez ça efficace, vous, comme slogan ?

T’as une belle plume, tu sais

29 octobre 2010 1 commentaire

C’est une impression, ou la blogosphère traductophile francophone est un peu amorphe en ce moment? Allez, les collègues, remotivons-nous et donnons du grain à moudre à nos lecteurs!

Pour ma part, je tiens à relayer l’appel de Terra Eco, vous savez, ce magazine et site web voué « papier et âme » à la protection de la planète? J’en parlais . Depuis, le magazine a lancé l’initiative « lecteurs responsables », afin que chacun prenne ses responsabilités pour un monde un peu plus durable. Et bien voici que Terra Eco en appelle aux « traducteurs dotés d’une bonne plume » :

La rédaction de Terra eco repère régulièrement des textes en toutes langues, qui mériteraient d’être lus par nos lecteurs… en bon français. Nous moulinons en permanence des rapports d’ONG, des documents officiels, la presse étrangère bien sûr. La plupart de nos journalistes excellemment formés parlent couramment 23 langues, à l’écrit comme à l’oral (au moins). Mais de temps en temps, il faut bien le reconnaître, une petite relecture nous aiderait. Faites-nous signe : agir@terraeco.net.

Si vous voulez mon avis, c’est l’idéal pour les étudiants qui cherchent à faire leurs premières armes ou pour les freelances désemparés!

Au passage, en attendant les résultats de l’EPSO qui se font désirer, j’en profite pour faire un peu d’autopromotion. Si vous avez des enfants (ou que la rentrée littéraire vous a grillé les neurones), voici une lecture qui vous ravira: Robin et les Pirates, un livre formidable dès 6 ans, traduit par votre dévoué serviteur!

Pot-pourri

24 septembre 2010 0 commentaire

Après deux bons mois de silence, NJATB reprend la parole. Deux mois, c’est long ; la faute au soleil, à la pluie, au travail, aux vacances et un peu au manque d’inspiration. Ce retour à la vie va donc me permettre de faire circuler quelques infos intéressantes.

Commençons par le serpent de mer de ce blog, l’auto-entreprise. Et puisqu’on ne parle que de ça depuis la rentrée, faisons un point sur les retraites. Comment les auto-entrepreneurs cotisent-ils pour leur retraite? À question simple, réponse simple : le nombre de trimestres validés dépend du chiffre d’affaires. Ainsi, en profession libérale, pour valider un trimestre en 2010, il faut  réaliser un CA de 2 685 €. Et pour valider une annuité, facturez 10 740 €. À noter qu’il est impossible de valider plus de quatre trimestres par an, même si vous êtes salarié et que vous cotisez en parallèle. Attention, les chiffres diffèrent selon votre type d’activité. Pour les autres prestations de services et les activités commerciales, toutes les infos sont .

Continuons avec un peu de lecture axée grand écran :

  • Sur Slate.fr, vous allez enfin tout savoir sur le retitrage des films en France (ou comment Youth in Revolt est devenu Be Bad et pourquoi Toy Story n’est pas Une histoire de jeux)
  • Toujours sur Slate (mais .com cette fois), un article-vidéo fascinant qui explique comment Hollywood représente les langues étrangères, à grand renfort de Vicky Cristina Barcelona ou d’Inglourious Basterds. Mon coup de cœur : la chanson de Gigi, « It’s a bore » !
  • Vous aimez les sous-titres? Alors on continue avec le récit du premier sous-titreur S&M (sourds et malentendants, bien sûr) d’un film… pour adultes. Cette fois, c’est sur StreetPress.

Enfin, je tenais à saluer l’initiative de la Parlure, homologue français du fameux Urban Dictionary, qui propose quelques définitions de « français parlé » dans les différents pays francophones, ou comment apprendre à vous fondre dans la masse au Québec (« J’ai tombé dans la débouche avec mon automobile… » « -Ouin pis ! Ca me fait aucun pli sua poche ! »)

Nouveautés de l’été

21 juillet 2010 0 commentaire

L’été, on marche au ralenti, et c’est permis ! La fréquence des mises à jour de NJATB s’en trouvera probablement affecté, mais pas de souci, je reste à votre service. La preuve par trois :

  1. Le concours de la Commission européenne pour le recrutement de traducteurs francophones est enfin ouvert. Vous avez jusqu’au 12 août pour vous enregistrer sur EPSO et tenter votre chance. Bien entendu, c’est un plus si vous pouvez traduire de plusieurs langues, comme Charles, qui travaille à partir du français, de l’espagnol, de l’italien, du grec, du maltais, du suédois et de l’estonien (sic). Au 21 juillet, plus de 350 candidats avaient validé leur dossier et quelques 750 étaient en cours… pour 33 lauréats seulement.
  2. La SFT a publié son enquête sur les tarifs de la traduction. Le sondage a eu lieu en début d’année et portait sur les résultats 2009 de plus d’un millier de traducteurs. On y apprend plein de choses fort intéressantes, comme le fait que 40% des répondants n’ont pas de diplôme en traduction/interprétation ou encore que le tarif moyen pour la traduction de l’anglais au français est 0,14€ HT du mot source. C’est à lire .
  3. Enfin, la dernière nouveauté concerne directement mon site, puisque j’ai – enfin – ajouté des conditions générales de vente, inspirées des recommandations de la SFT. Cela fait plusieurs mois que j’y songeais, après avoir lu le livre de Corinne McKay, How to succeed as a Freelance Translator (qui figure d’ailleurs dans la bibliothèque idéale du traducteur). Et mes clients les retrouveront également sur les factures et devis qu’ils recevront, pour plus de transparence.

Et surtout, n’oubliez pas votre crème solaire !

Petit réseautage entre amis

23 mai 2010 1 commentaire

Comme je l’écrivais récemment, l’un des objectifs que je me suis fixés pour mes vacances de travail est de faire du réseautage et de développer mon activité. J’ai donc organisé mon planning de sorte à me trouver au bon endroit au bon moment, c’est-à-dire à Québec le 7 mai pour la Soirée des Langagiers organisée par l’ATAMESL (Association des travailleurs autonomes et micro-entreprises en services linguistiques) et à Boston le 22 mai pour la 14e Conférence annuelle de la NETA (New England Translators Association).

L’ATAMESL, donc, « a pour but de regrouper les micro-entreprises et les travailleurs autonomes actifs dans le domaine des services linguistiques pour favoriser le réseautage, défendre leurs intérêts politiques et professionnels et offrir des activités de formation et d’information » au Québec. Celle qui s’occupe de la région Chaudière-Appalaches n’est autre que Valérie Bélanger, que vous connaissez tous via son blog. Version micro-brasserie des matinales de la SFT, cette soirée conviviale entre traducteurs, interprètes, enseignants et linguistes était propice aux échanges culturels, professionnels et surtout… linguistiques (notamment pour un frenchie au milieu des Québécois).

Autre pays, autre ambiance : la Conférence annuelle de l’Association des traducteurs de Nouvelle-Angleterre est une déclinaison régionale de l’ATA. NETA permet à ses 150 adhérents (dont votre fidèle serviteur) de figurer dans un annuaire en ligne, de bénéficier d’informations pratiques sur le métier et d’assister à des formations. Au programme de cette 14e édition, samossa et conférences aux goûts variés : « Beginning as a translator », traduction littéraire de l’hébreu, introduction à la localisation (présentée par une compatriote, Laurence Lollier), ainsi qu’une présentation intéressante sur la façon d’accroître sa productivité, par Warren Smith. Ce traducteur japonais-anglais spécialisé dans la traduction de brevets sur les semi-conducteurs (tu m’étonnes que ça marche pour lui) s’est développé son propre process de traduction, qui consiste essentiellement à:

  1. Enregistrer ses traductions sur un dictaphone numérique
  2. Retranscrire automatiquement les fichiers audio avec un logiciel de reconnaissance vocale (Dragon NaturallySpeaking)
  3. Déléguer le sale boulot (édition, relecture) à des étudiants stagiaires (l’avantage d’être prof) ou à sa femme.

On aime ou on n’aime pas, mais ça semble lui réussir.

Petit bémol à tout ce réseautage : seuls des particuliers étaient présents, et très peu d’entreprises. Peu d’occasions donc de distribuer des cartes de visite et de se faire connaître directement auprès des donneurs d’ordre. Il ne me reste plus qu’à compter sur le bouche à oreille!

Quand ‘vacances’ rime avec ‘travail’

27 mars 2010 9 commentaires

Vous vous en souvenez peut-être, j’avais pris la résolution, il y a quelques mois, de me prendre des « working vacations », au sens où l’entend Sarah Vilece de Translating Berlin. Et comme elle le dit si bien, il ne faut pas confondre ces « vacances de travail » avec des « vacances passées à travailler ». Le principe est simple: il s’agit de partir quelques semaines hors de son lieu de vie et de travail habituel, afin de se ressourcer tout en continuant à assurer son travail normalement.

Pour ma part, j’ai choisi de m’exiler aux États-Unis pendant les deux prochains mois. J’ai la chance d’y avoir de la famille, je suis donc confortablement installé et n’ai pas à me soucier des questions de loyer ou d’accès internet. Le cadre est propice au travail, le temps aussi (si vous avez vu The Ghost Writer, vous comprendrez de quoi je parle) et des écureuils cascadeurs viennent me tenir compagnie.

Tout cela est bien joli, mais quel est le véritable intérêt de ces vacances de travail?

  1. Il s’agit avant tout de travailler. Je suis arrivé sur la côte Est depuis bientôt une semaine, et je viens de traverser ma semaine la plus chargée de l’année.
  2. Je voulais changer d’air et me dépayser: j’aime la vie parisienne, mais une bonne dose d’iode ne fait jamais de mal.
  3. Je compte bien pratiquer et renforcer mon anglais. C’est tout de même mon outil de travail principal et je ressentais le besoin et l’envie de l’actualiser un peu.
  4. C’est l’occasion idéale de s’ouvrir sur un nouveau marché. Chercher des contacts, rencontrer des collègues et des prospects, participer aux groupes locaux de l’ATA… J’espère pouvoir vous en dire plus dans les prochaines semaines.
  5. Enfin, bien entendu, dans « vacances de travail » il y a « vacances » ! Ce serait trop dommage de rester enfermé deux mois, comme si j’étais dans mon appartement parisien. Si mon but principal reste donc le travail, cela ne m’empêche pas de m’accorder un peu de temps pour visiter la région, reprendre une activité sportive, me cultiver, etc.

Si vous voulez en savoir plus sur les « working vacations« , je vous conseille fortement de faire un tour sur Translating Berlin. Sarah nous livre une série d’un, deux, trois et quatre billets pour réussir son séjour. Par ailleurs, le Collège international des traducteurs littéraires (CITL) accueille des traducteurs littéraires en résidence à Arles, pour des séjours d’une semaine à trois mois (à raison de 20€ par jour).

Et vous, pourriez-vous partir en vacances pour travailler ou seriez-vous trop tenté de procrastiner?

La bibliothèque idéale du traducteur

22 février 2010 15 commentaires

Twitter, on commence à connaître. Bien que relativement jeune (en France, du moins), le micro-réseau social s’installe progressivement dans notre vie, et on ne cesse de lui trouver de nouvelles utilisations (ou bien de s’en désintéresser complétement, mais c’est une autre histoire).

Notre gazouilleur préféré avait déjà été un allié précieux lors de mon petit « concours de bureaux de traducteurs« . Il ne m’a pas trahi non plus lorsque j’ai voulu lister les lectures indispensables des traducteurs : une bibliothèque idéale par les traducteurs, pour les traducteurs. J’ai ainsi pu réunir près de 15 titres, dont certains m’ont été recommandés par leurs auteurs directement.

Beaucoup ne sont pas traduits (qu’attendons-nous ?!), mais pour les ouvrages francophones ou traduits, j’indiquerai uniquement la référence en français (pour ne pas surcharger ce billet) avec un lien vers la page Amazon si possible. Il va de soi que je n’ai malheureusement pas tout lu et que cette liste n’est pas exhaustive : libre à vous donc d’en rajouter dans les commentaires. A vos livres, prêts ? Partez !

Les bases : les lectures pour comprendre la théorie et la pratique de la traduction.

-En français :

-En anglais :

Développer son activité : développer de nouvelles compétences, mieux vendre ses services, etc.

-En français, pour la révision et la gestion de projet :

-Notions de marketing en anglais :

-Productivité et développement personnel :

Le bonus : un deux romans sur la traduction littéraire et un autre tout récent d’un traducteur-écrivain rebelle (Matthieussent)
(Merci à Wendy, Katerina, Nad, Blandine, Clémence, Valérie, Corinne et François pour leur suggestions twittées, ainsi qu’à Céline, Fanny, Eve et Chloé pour leurs commentaires)
Le site onlinecollege.org propose également une liste de 20 livres pour les amoureux des langues (tous en anglais) que vous trouverez ici : « 20 Best Books for Language Lovers« .

Languages meet sport

8 février 2010 0 commentaire

C’est le nom d’une conférence dont je viens tout juste d’apprendre l’existence. La première édition s’est tenue à Trieste, en octobre dernier. Et comme son nom l’indique, l’événement cherche à promouvoir les langues et le dialogue interculturel à travers les langues. Un sujet qui me touche tout particulièrement, car je traduits moi-même dans le domaine du sport.

Le programme de l’année dernière, que vous retrouverez sur le site officiel, semble intéressant, avec notamment des interventions sur les politiques linguistiques de l’Union européenne ou la communication multilingue durant les JO de Londres, en 2012. A ce sujet, vous pourrez retrouver la présentation de Jane Collis, la directrice du Regional Linguistic Network de Londres, sur cette page.

Espérons que cette conférence fera des petits et se poursuivra en 2010, mais surtout que je pourrai y assister !

Vœutez !

6 janvier 2010 0 commentaire

Ne vous a-t-on pas toujours dit de choyer vos clients ? La période des fêtes est une excellente occasion de se rappeler au bon souvenir de vos donneurs d’ordre. Oh, rien de bien compliqué : choisissez une jolie carte, si possible en rapport avec votre travail (ou profitez-en pour faire un geste : personnellement, je prends les cartes de l’Unicef), et rédigez de votre plus belle plume deux petites lignes pour présenter vos vœux.Petite précision culturelle: si vos clients sont anglosaxons, faites-en sorte que la carte leur arrive entre Noël et le jour de l’An. En France, joyeux fêtards que nous sommes, on peut prolonger les voeux jusqu’à mi-janvier.

Vous n’avez plus qu’à attendre : promis, vous allez connaître un début d’année bien chargé !

Il existe !

9 décembre 2009 1 commentaire

Aujourd’hui, j’ai rencontré le client parfait. Plusieurs de mes collègues en ont rêvé, mon client l’a fait: proposition de texte formulée par téléphone et e-mail, délai de réponse jusqu’au lendemain, délai de traduction plus que raisonnable, tarif honnête et possibilité de négociation future, proposition d’aide terminologique, mise à disposition de documents de références, gentillesse, disponibilité…Messieurs-dames donneurs d’ordre, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Thank you…

18 septembre 2009 3 commentaires
…We do not need your service.

Voilà peut-être ce que vous vous entendrez dire pour avoir refusé le tarif de 0,08€/mot, généreusement offert un samedi matin. Et pour avoir remarqué que le CV que l’on vous demande de traduire de l’anglais au français existe probablement déjà en français puisque c’est la nationalité du candidat.

Traduire une traduction un samedi matin à 8 cents du mot ? Thanks, but no thanks.

Cogito ergo(nomi) sum

12 septembre 2009 0 commentaire
Moi qui comptais booster votre productivité en rédigeant un petit message sur l’ergonomie du poste de travail, j’ai été devancé par des collègues et amis de l’Association des anciens de l’ESIT. Avec leur permission, je vous reproduis donc leur article ci-dessous. Bonne lecture !

Eh oui, le mal de dos fait partie des risques du métier de traducteur. Voici donc quelques conseils pour être bien installé à son bureau. Sachez que certaines organisations demandent à des ergonomes de venir une fois par an dans leurs bureaux afin d’installer au mieux chaque employé.

Votre clavier doit être situé à une hauteur et une distance telles que vos avant-bras reposent à 90° sur votre bureau. Il est donc sur votre bureau et relativement éloigné de vous. Ne posez pas votre clavier sur la tablette coulissante située en dessous, qui n’est pas du tout adaptée (j’utilise désormais la mienne pour y ranger mon Merteens et autres petits ouvrages de référence, et pour ranger le clavier une fois le travail fini).

Placez votre écran de telle sorte que vous devez légèrement baisser les yeux pour le regarder. Pour ceux qui ont une unité centrale horizontale, évitez de le poser dessus : c’est trop haut. La bonne distance entre l’écran et vous : un bras allongé (minimum).

Pour régler la hauteur de votre siège, sachez que vos jambes doivent faire un angle légèrement supérieur à 90° par rapport au siège (vos genoux regardent légèrement vers le bas). Ceux qui ne peuvent pas régler la hauteur du siège peuvent par exemple ajouter un coussin et décoller le dos de leur dossier.

Vous le savez sans doute, un oeil qui regarde un écran cligne deux fois moins qu’en situation normale, il est donc deux fois moins humidifié (d’où un inconfort au bout d’un certain temps). Pour les plus sensibles, il existe des collyres spéciaux. Pour les autres, pensez à regarder au loin, par une fenêtre par exemple, tous les trois quarts d’heure environ, en clignant bien des yeux. Et buvez !!

Voilà, nous espérons que vous trouverez dans cet article un ou deux petits trucs qui vous manquaient et vous seront utiles !

Merci à Sarah et Val !

Lotion après-travail

4 septembre 2009 2 commentaires

Après un silence un peu plus long que prévu (j’ai bien profité de mes pérégrinations, je vous remercie), nous voilà repartis pour une nouvelle année qui n’aura de scolaire que le nom. Et pour marquer cette rentrée, je tenais à vous faire un compte-rendu express de ma première sortie scolaire.En effet, hier soir s’est tenu un « afterwork traducteurs », organisé par Powerling, société distributrice du logiciel de TAO DéjàVu. Un afterwork, kézako ? Une lotion « après-travail » pour effacer le stress de la journée de votre si beau visage ?

Non, dans notre cas, c’est tout simplement du « B2B networking ». Gné ? Disons simplement qu’il s’agit d’une réunion, se tenant en fin de journée, qui permet à un petit groupe de professionnels de se rencontrer et d’échanger autour de différents thèmes qui les touchent de près ou de loin (et si possible avec un verre de champagne et des petits fours).

Celui d’hier portait sur trois thèmes : le traducteur et le réseautage, le traducteur en entreprise et la normalisation dans la traduction. Chacun de ces thèmes a fait l’objet d’une courte présentation par l’un des participants, qui commercial, qui traducteur de formation, qui employé d’une agence de traduction. L’assistance (une vingtaine de personne) était essentiellement composée de traducteurs indépendants aux combinaisons variées (anglais, italien, espagnol, bulgare, arabe, etc), de chefs de projet ou encore de professionn

els sans lien direct avec le milieu de la traduction (disons qu’ils venaient « tâter le terrain »).

Si, à mon goût, les thèmes abordés auraient mérité d’être traités bien plus en profondeur (mais il aurait alors fallu plusieurs jours), ce petit rassemblement a été l’opportunité de rencontrer des collègues et d’échanger notre perception du métier.

Ce que j’ai retenu des trois présentations ?

  1. Le réseau est crucial pour un traducteur, c’est le meilleur moyen de se constituer une clientèle. Les outils technologiques tels que LinkedIn ou Viadeo ne sont pas une fin en soi mais bien des médias, des intermédiaires, entre professionnels. Il est nécessaire d’y être actif, faute de quoi votre profil n’est qu’une coquille vide (rien de bien nouveau sur ce front).
  2. Le tableau du traducteur salarié en entreprise est sombre. La tendance, bien connue, est à l’externalisation, au non-renouvellement des postes, à la « mort programmée » des services de traduction internes. Autrement dit, allez voir ailleurs si le client y est (et il y est, dans cet ailleurs).
  3. La normalisation, pour l’agence de traduction représentée, est un moyen permettant de limiter les coûts. Par quel biais ? À travers une uniformisation de la langue et des structures grammaticales, permettant un traitement automatique plus efficace et plus rentable. Oui, on parle bien d’aplatir, d’écraser même, une langue afin qu’elle soit traduite non plus par un humain, mais par une machine. Même en tenant compte de la présence d’un « post-éditeur » chargé de rendre l’ensemble présentable, je dois dire que cette perspective semble assez inquiétante.

Je tiens en tout cas à remercier Powerling (Yannick Bétis, le directeur, et Stéphanie Ziegler, organisatrice efficace), pour m’avoir invité à cette réunion. J’ai grandement apprécié le fait que cet afterwork ne se transforme pas en réunion tupperware pour nous vendre à tout prix (surtout le plus cher) le logiciel DéjàVu. Comme quoi, l’absence de pub est parfois la meilleur pub.

La crise a bon dos

2 juillet 2009 6 commentaires

Voici la copie d’un mail que j’ai reçu aujourd’hui :

I am writing to you about your rate for translation work. As you may be aware, the rates we charge our clients vary depending on various factors including the client’s budget and the nature of the project. This means that we are not always able to afford the rate you gave on your registration form. While this is not too much of a problem at the moment as we are able to negotiate with you directly on pricing on a project by project basis, projects will increasingly be assigned and managed by external language experts who will not be authorised to negotiate rates with individual suppliers. The result of this is that in instances where your standard rate is too high for the project in question, you will not be contacted about the project. In order to maximise your chances of being offered work we would like to give you the opportunity to stipulate a minimum rate in addition to your standard rate.

We will be banding projects from A to E according to how much we are charging the client, and for each band there will be a maximum rate that we would be able to pay the translator. The rate you gave on your registration form is £75 per 1000 words. Under our new price banding system we would not be able to afford this rate for any projects, and we would only exceptionally bypass our new project management system in order to negotiate with suppliers charging a higher rate. If you would like to increase your chances of being offered translation work I would encourage you to specify a minimum rate. Below is a table indicating the maximum rates we would be able to pay for projects falling into any of the five bands.

Band

Maximum rate for translator (£ per 1000 source words)

A

35

B

40

C

50

D

55

E

60

Pour ceux qui ne parlent pas anglais, cette société indique tout simplement que mon tarif (moins de 0,09 € par mot) est bien trop élevé pour eux et qu’ils ne pourront pas me proposer de travail à plus 60 £ pour 1000 mots (0,07 € par mot). Avec une notation digne de la consommation énergétique d’une machine à laver, il semble encore une fois que le traducteur ne soit qu’une machine (rappelons-nous de cet excellent strip de Mox).

Je me trompe, ou la traduction et l’interprétation sont les seuls métiers où le client fixe le prix (plafond, qui plus est) qu’il souhaite payer ? Pour nous en convaincre, voici une petite vidéo fiction qui devrait en inspirer plus d’un :

Et toi, tu fais quoi dans la vie ?

24 juin 2009 15 commentaires

Vous l’aurez peut-être compris, j’aime parler de mon métier. J’aime que l’on me demande ce que je fais dans la vie et je peux être intarissable sur le sujet. Cela n’a rien d’égoïste, c’est simplement que j’aime la traduction et si je peux partager cela avec les autres, je ne m’en prive pas. Mais ce que j’apprécie le plus, ce sont les réactions que suscite notre métier.Il y a les intrigués :
-Tu fais de la traduction ? C’est marrant, j’ai jamais rencontré de traducteurs.
Ben tiens. Moi j’ai jamais rencontré d’astronaute.

Les non-initiés
-Waou, tu dois trop bien parler anglais, et italien, et allemand, et…
Non, pas plus que ça en fait. En vrai, le français c’est ‘achment plusse important.

…et les débarqués :
-C’est toi qui chuchote à l’oreille du président ? T’as pas intérêt à te planter, hein !
-Non non, moi je passe ma vie devant mon écran, c’est moins palpitant, mais faut quand même assurer.

Les blasés :
-En fait, tu restes chez toi à rien faire, c’est un peu un métier de fainéant.
C’est vrai que c’est sympa, une grasse mat en semaine… Mais j’aimerais bien être aux 35 heures des fois !

Et au contraire, les flatteurs (je les aime bien, eux) :
-Quand même, tu dois pas être mauvais dans ce que tu fais ?
Ce n’est pas à moi de juger… mais bon, c’est vrai que…

Et mes préférés, les enthousiastes (on peut leur parler de la traduction pendant des heures !)
-Mais c’est génial comme boulot ! T’es indépendant ? J’aimerais trop être mon propre chef. Mais c’est absolument génial, si tu savais comme je t’envie !
C’est pas faux, c’est un métier qui permet différents modes de vie. Mais c’est pas tous les jours rose !

Et vous, quel genre de réaction suscitez-vous le plus souvent ?

Des mots à foison

29 janvier 2009 3 commentaires

Dans les commentaires de mon message précédent, TTT a soulevé plusieurs questions intéressantes, notamment au sujet de ce fameux coefficient de foisonnement (j’ai croisé également le terme « étoffement »). Le site de l’Association des traducteurs littéraires de France (ATLF) nous propose cette définition :

Foisonnement (coefficient de) : Il s’agit du pourcentage d’augmentation (ou de réduction) que présentera le texte une fois traduit. Il dépend de la langue à traduire, à titre indicatif, il est environ de +10% pour l’anglais, dépasse les +20% pour l’allemand, est faible pour l’italien. Plus le texte est technique, plus le coefficient risque d’être élevé.

Pour illustrer ces propos, prenons un texte source anglais de 500 mots. Sa traduction en français comportera vraisemblablement plus de mots, environ 550-600. Un simple exemple : please se traduit (entres autres) par « s’il vous plait », soit trois mots selon le compteur de Word. Par ailleurs, la plupart des mots composés anglais sont souvent attachés directement, sans trait d’union, du fait de la grande souplesse de la langue. Ainsi, des mots comme « coucher de soleil » (sunset), « pont-levis » (drawbridge) ou « brosse à dents » (toothbrush) augmentent considérablement le nombre de mots en français. D’autre part, il est généralement admis que les anglophones ont tendance à être plus directs que nous, à moins broder. En français, les phrases sont plus longues, plus alambiquées. Dès lors, on peut se demander si la culture d’un peuple façonne sa langue, et/ou si c‘est la langue qui façonne la culture.
Selon les combinaisons, ce coefficient est très variable. À titre indicatif, lorsque je travaillais pour Lingua ESIT, nous établissions nos devis sur la base ci-après. Ces chiffres diffèrent légèrement de la définition de l’ATLF, mais ce n’est bien sûr pas une science exacte.

  • Anglais > français : 20%
  • Italien > français : 15%
  • Espagnol > français : 0% mais français > espagnol : 10%
  • Allemand > français : 30%

En quoi ces chiffres sont-ils intéressants pour la traduction ? Si en règle générale, les tarifs de la traduction s’entendent « au mot source », certains clients peuvent exiger un devis au mot cible. Le coefficient de foisonnement intervient ici pour estimer le nombre de mots que contiendra le texte traduit, qui permettra ainsi d’établir un devis. Dans le cas d’une traduction technique, pour avoir une idée du prix que le client devra payer, on multipliera le tarif au mot par l’estimation du nombre de mots cible.

Une autre solution, plus simple et plus transparente, consiste à simplement augmenter ses tarifs de l’équivalent du taux de foisonnement, soit de 10 à 20% en plus, pour un texte de l’anglais au français facturé au mot cible.

Quant à savoir si le taux de foisonnement évolue en fonction de la nature du texte, comme me le demandait TTT, mes arguments s’entrechoquent : d’une part, j’aurais tendance à penser que c’est effectivement le cas, puisqu’un langage technique est par définition un sous-ensemble d’une langue. Le lexique technique limite donc le foisonnement. Mais d’autre part, les arguments que j’ai donnés plus haut sont toujours valables.

Je suis curieux de connaître votre avis à ce sujet, n’hésitez pas à laisser vos commentaires !