Les ‘ebooks’ et le traducteur

27 mai 2010 10 commentaires

Ceux qui suivent NJATB sur Facebook savent que je m’intéresse depuis peu à ces gadgets que l’on appelle eReader ou ebook reader et qui permettent de lire… des ebooks (on remercie nos cousins outre atlantique pour les termes « liseuses » et les « livrels »). Que valent vraiment ces petites machines, qui prétendent offrir un « confort de lecture proche du papier »? Et peuvent-elles avoir une utilité professionnelle?

« Confort » de lecture

Tout d’abord, je précise que le livre papier à encore de l’avenir. La lecture sur une liseuse est certes bien plus confortable et pratique que sur un écran d’ordinateur, mais on est encore loin du papier à proprement parler. L’appareil que j’ai choisi (le Sony PRS600) ne permet pas de régler le contraste, et il faut avouer que noir sur fond gris, c’est pas l’idéal par rapport à un livre de poche (mais ça, c’est à cause du tactile, nous dit-on). Quant à la lecture en plein soleil, sensée être « aussi aisée que sur papier »,ce n’est pas encore tout à fait au point et les reflets sont parfois gênants.

Nomade

Ces quelques petits inconvénients mis à part, il faut dire que la bête est plutôt agréable à regarder, relativement légère (moins de 300g), petite et facile à utiliser. Mais le gros avantage de ces liseuses, c’est surtout de pouvoir transporter des centaines, voire des milliers de livres en même temps. Bien pratique pour les voyageurs, qui n’ont plus à se préoccuper des problèmes de poids à l’aéroport. De même pour ceux qui, comme tous les linguistes, lisent en plusieurs langues: plus besoin de courir aux quatre coins du monde à la recherche d’un livre ou de payer des frais de ports faramineux, tout se passe sur Internet. Sans compter qu’il existe un nombre incroyable de grandes œuvres tombées dans le domaine public, et donc accessibles gratuitement (tout ce qui a été publié avant 1923, en fait. Je vous laisse réviser vos classiques). Autre avantage, les nouvelles générations ont maintenant une connexion wifi et 3g. Pratique.

Et au travail?

C’est lors de mes recherches sur ces gadgets que j’ai réalisé leur énorme potentiel pour le travail du traducteur. Et notamment le modèle Sony que j’ai cité plus haut. Grâce à son écran tactile, il est possible de prendre des notes sur les livres et documents que l’on consulte. Vous me suivez? Et oui, il est possible de télécharger des documents word et pdf sur les liseuses, et donc… corriger un texte à l’aide du stylet. Je peux dès lors relire mes traductions à peu près n’importe où (sur la plage, dans le jardin, dans le bain, dans les transports), et il ne me reste plus qu’à reporter mes changements sur mon pc. L’autonomie des readers est en moyenne de 15 jours, ce qui est plus que confortable, et le fait de pouvoir changer la taille du texte permet de repérer facilement les typos. Enfin, imaginez tous les arbres que vous allez épargner en arrêtant d’imprimer vos traductions!

Bilan

Après une semaine d’essai, je suis déjà convaincu. Sans compter que ces appareils sont amenés à évoluer rapidement, et devraient bientôt proposer une lecture plus agréable, plus contrastée, et probablement la possibilité de modifier le texte directement dans le document. Les tablettes comme l’iPad le permettent déjà, mais le tarif, l’autonomie et les reflets sont de véritables obstacles à ce genre d’utilisation.

Et vous? Seriez-vous prêt à sauter le pas?

Image: ebouquin.fr

10 réflexions au sujet de « Les ‘ebooks’ et le traducteur »

  1. Fredc

    Merci pour ce billet très intéressant.
    J’hésite encore à acheter ce genre d’appareil, mais l’idée fait son chemin, ces appareils devenant « corrects techniquement » à mon goût (je suis exigeant !).

    J’avais en lien ces 2 sites qui permettent le téléchargement gratuit et légal d’ebooks, si cela peut-être utile :

    http://www.ebooksgratuits.com/ebooks.php
    http://www.gutenberg.org/catalog/

    et un test du site ‘les numériques’ :
    http://www.lesnumeriques.com/article-509-6453-16.html

    f

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    1. Laurent Auteur de l’article

      Oui, les Numériques sont excellents pour tout ce qui est test de nouvelles technologies, je m’y réfère souvent avant d’acheter un nouvel appareil.
      Pour les ebooks gratuits, il existe de nombreux liens, j’en parlerais peut-être dans un autre message. Mais la bibliothèque de Google est probablement la mieux fournie

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  2. Emma

    Hi Laurent!

    I liken the e-reader debate to the wine cork one. To me, an e-reader is a screw cap — not the real thing!

    I’ll admit that it’s amazingly practical for travelling, but it doesn’t smell good!

    After working all day on a screen, sending texts on a screen, watching tv, movies, YouTube videos and photographs on a screen, I really enjoy sitting down with some ink and paper.

    Yours truly,
    A literary luddite

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    1. Laurent Auteur de l’article

      Je comprends tout à fait votre point de vue (que je partageais il y a encore trois semaines à peine!) et je suis entièrement d’accord avec vous: ces ebooks ne remplaceront jamais un vrai livre. Et je ne crois pas que ce soit leur intention. Selon moi, les ebooks sont des compléments (pas encore parfaits, mais sûrement prochainement) au papier, de par les deux utilisations que j’ai citées (révision n’importe où et facilité de trouver des livres dans toutes les langues).
      D’autre part Emma, dans mon cas, il ne s’agit pas de me mettre sur l’ebook après la journée de travail, mais bien pendant, puisqu’il s’agit de relectures!

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  3. Agnès

    J’avoue que je n’en voyais pas vraiment l’intérêt jusqu’à présent, mais que cet article donne à réfléchir… à suivre donc, et merci pour l’info.

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  4. Emma

    Révision sur un écran encore plus petit que celui d’un ordinateur portable? Pitié! Après, bon, chacun ses préférences.

    J’espère que le livre électronique restera un complément, en tout cas, et non pas une substitution (beaucoup) moins chère pour les maisons d’édition.

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  5. Yann

    Salut,

    j’hésite un peu à un acheter un, surtout que les prix au Canada sont corrects. Est-ce que t’arrive vraiment à faire des relectures sur un écran de 5 à 6 pouces? honnêtement si je peux abandonner mon écran d’ordinateur pour faire des relectures ce serait pas mal. J’hésite entre le PRS 350 et le 600, t’as un avis? Est-ce que la fonction prise de note marche bien?
    merci!

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    1. Laurent Auteur de l’article

      Pour ma part j’ai le PRS 600, qui me convient tout à fait. À l’usage, c’est bien pour s’éloigner du PC et faire une relecture plus à l’aise, au café ou dans le canapé. Je ne m’en sers malheureusement pas souvent, car je traduis la plupart du temps des textes courts que je relis en direct. La fonction prise de notes est plutôt pas mal, pas aussi réactive que du vrai papier, bien sûr, mais suffisante pour ce travail. Essaye d’en tester un (emprunte si tu peux, sinon en magasin) pour te faire ton avis.

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  6. Yann

    merci des conseils, je vais aller voir en magasin pour tester. sinon les écrans sont pas trop petits, je me rends pas bien compte. disons que ça m’arrive d’avoir des relecteurs de 80 pages et mon agence canadienne a décidé de se passer du papier au maximum, donc relecture sur l’écran…..mal de crane à la fin de la journée! l’idée ce serait de pouvoir faire un bitexte (avec Youalign) et de le charger sur le ereader. à voir.

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