Comme c’est étanche !

18 avril 2009 0 commentaire

Ne pas se relâcher, ne pas se relâcher… Voilà ce que je me dis régulièrement ces derniers temps pour continuer à alimenter mon blog aussi régulièrement que possible. Encore faut-il trouver de bons sujets, des sujets qui fâchent, des sujets qui font réfléchir, qui font douter (ou pas).

Et bien aujourd’hui, je voudrais faire douter ma muse, mon binôme dans la vie. Aussi tatillonne que moi sur les mots, je l’entends souvent pester contre certains usages (erronés) de la langue courante. Et grand bien lui prend.

Son dernier coup de gueule s’est abattu sur cette pub :

« Les animaux se réunissent pour étancher leur soif ». Voilà une phrase qui la fait bondir à chaque fois qu’elle l’entend. « Qu’ouï-je, qu’entends-je ? ‘Étancher’ ? Quelle ignominie ! Qui ose encore ignorer qu’au XVIe siècle, on épanche sa soif plus qu’on ne l’étanche ! Victor s’en retournerait dans sa tombe ! »

Certes, Victor Hugo nous disait que « Nous sommes la nature et la source éternelle / Où toute soif s’épanche, où se lave toute aile » (Rayons et ombres, 1840, p. 1067). Pourtant, le portail lexical du CNRTL nous indique clairement qu’épancher est utilisé par erreur pour son paronyme… étancher ! Bah alors Vicky ?

Pour s’en convaincre, il suffit de consulter les définitions des deux termes (toujours tirées du CNRTL) :

Épancher :

Faire couler, (dé)verser. Synon. répandre. Comme un lait pur qu’un vase sombre épanche (Lamart., Chute, 1838, p. 972). L’Oise dans la Seine épanche ses eaux bleues (Banville, Odes funamb., 1859, p. 108).

Étancher :

Étancher la soif. L’apaiser en buvant. On répandait du vin sur sa tombe pour étancher sa soif; on y plaçait des aliments pour apaiser sa faim (Fustel de Coul., Cité antique, 1864, p. 9). L’eau douce avait, en se gelant, fait éclater le baril qui la contenait. Et, pour étancher sa soif, Maël suçait des glaçons (France, Île ping., 1908, p. 35).

Voilà ma douce, le tort est réparé, tu peux dormir sur tes deux nonoches (je me suis d’ailleurs toujours demandé comment on pouvait dormir sur ses deux oreilles à la fois… à moins d’être sacrément souple ou mal foutu, ça me parait difficilement concevable. Duneton, qui a pourtant La Puce à l’oreille, n’en parle pas).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *