Comme c’est étanche !
Apr 18
Son dernier coup de gueule s'est abattu sur cette pub :
"Les animaux se réunissent pour étancher leur soif". Voilà une phrase qui la fait bondir à chaque fois qu'elle l'entend. "Qu'ouï-je, qu'entends-je ? 'Étancher' ? Quelle ignominie ! Qui ose encore ignorer qu'au XVIe siècle, on épanche sa soif plus qu'on ne l'étanche ! Victor s'en retournerait dans sa tombe !"
Certes, Victor Hugo nous disait que "Nous sommes la nature et la source éternelle / Où toute soif s'épanche, où se lave toute aile" (Rayons et ombres, 1840, p. 1067). Pourtant, le portail lexical du CNRTL nous indique clairement qu'épancher est utilisé par erreur pour son paronyme... étancher ! Bah alors Vicky ?
Pour s'en convaincre, il suffit de consulter les définitions des deux termes (toujours tirées du CNRTL) :
Épancher :
Faire couler, (dé)verser. Synon. répandre. Comme un lait pur qu'un vase sombre épanche (Lamart., Chute, 1838, p. 972). L'Oise dans la Seine épanche ses eaux bleues (Banville, Odes funamb., 1859, p. 108).
Étancher :
Étancher la soif. L'apaiser en buvant. On répandait du vin sur sa tombe pour étancher sa soif; on y plaçait des aliments pour apaiser sa faim (Fustel de Coul., Cité antique, 1864, p. 9). L'eau douce avait, en se gelant, fait éclater le baril qui la contenait. Et, pour étancher sa soif, Maël suçait des glaçons (France, Île ping., 1908, p. 35).
Voilà ma douce, le tort est réparé, tu peux dormir sur tes deux nonoches (je me suis d'ailleurs toujours demandé comment on pouvait dormir sur ses deux oreilles à la fois... à moins d'être sacrément souple ou mal foutu, ça me parait difficilement concevable. Duneton, qui a pourtant La Puce à l'oreille, n'en parle pas).







