Et toi, tu fais quoi dans la vie ?

24 juin 2009 15 commentaires

Vous l’aurez peut-être compris, j’aime parler de mon métier. J’aime que l’on me demande ce que je fais dans la vie et je peux être intarissable sur le sujet. Cela n’a rien d’égoïste, c’est simplement que j’aime la traduction et si je peux partager cela avec les autres, je ne m’en prive pas. Mais ce que j’apprécie le plus, ce sont les réactions que suscite notre métier.Il y a les intrigués :
-Tu fais de la traduction ? C’est marrant, j’ai jamais rencontré de traducteurs.
Ben tiens. Moi j’ai jamais rencontré d’astronaute.

Les non-initiés
-Waou, tu dois trop bien parler anglais, et italien, et allemand, et…
Non, pas plus que ça en fait. En vrai, le français c’est ‘achment plusse important.

…et les débarqués :
-C’est toi qui chuchote à l’oreille du président ? T’as pas intérêt à te planter, hein !
-Non non, moi je passe ma vie devant mon écran, c’est moins palpitant, mais faut quand même assurer.

Les blasés :
-En fait, tu restes chez toi à rien faire, c’est un peu un métier de fainéant.
C’est vrai que c’est sympa, une grasse mat en semaine… Mais j’aimerais bien être aux 35 heures des fois !

Et au contraire, les flatteurs (je les aime bien, eux) :
-Quand même, tu dois pas être mauvais dans ce que tu fais ?
Ce n’est pas à moi de juger… mais bon, c’est vrai que…

Et mes préférés, les enthousiastes (on peut leur parler de la traduction pendant des heures !)
-Mais c’est génial comme boulot ! T’es indépendant ? J’aimerais trop être mon propre chef. Mais c’est absolument génial, si tu savais comme je t’envie !
C’est pas faux, c’est un métier qui permet différents modes de vie. Mais c’est pas tous les jours rose !

Et vous, quel genre de réaction suscitez-vous le plus souvent ?

15 réflexions au sujet de « Et toi, tu fais quoi dans la vie ? »

  1. Blandine

    Pour ma part, c'est généralement le(s) dialogue(s) suivant(s) :

    "- Tu traduis quoi, des livres, des romans ?
    – Non, plutôt des documents techniques et marketing, modes d'emploi, brochures…
    – (d'un air déçu) Ah…"

    Forcément, c'est pas très glamour de traduire le mode d'emploi d'une tronçonneuse…

    "- Ce n'est pas trop dur de travailler chez toi toute seule ? Il faut pouvoir se motiver !
    – (invariablement la même réponse) Quand il y a du boulot, il faut le faire, donc non ce n'est pas dur de se motiver…"

    Et la question subsidiaire: "Et ton copain, il fait quoi?" (Apparemment il faut que mon copain ait un bon salaire pour que je puisse manger…. heureusement qu'il reste des salariés pour nous nourrir, nous pauvres indépendants !)

  2. Sonia

    De mon côté, LA réponse inévitable, invariable, et toujours aussi agaçante même quand on s'y attend :

    " – Ah, tu es bilingue alors !
    – Non, je suis traductrice, je comprends parfaitement mais je ne suis pas bilingue, ça c'est les interprètes.
    – (air dubitatif) Ouais, mais bon c'est pareil nan?"

    Et le must, c'est que lors de la Coupe du monde de rugby, le Comité auprès duquel j'avais postulé m'a téléphonée pour interpréter le dimanche suivant à 6h du mat, j'ai eu beau leur expliquer que ce n'était pas mon métier, ils me répétaient :

    " – Mais vous êtes bien traductrice, donc vous pouvez le faire !"

  3. learningbytranslating

    Ici en Italie il y a deux cours de laurea (triennale) dans lesquels on étudie les langues étrangères: "Lingue e letterature straniere" et "Mediazione linguistica". J'ai étudié "Mediazione linguistica", c'est-à-dire Traduction et Interprétation de liaison, un cours plus "pratique" que l'autre, où on étudie plus de litérature.

    – Cosa studi all'università?
    – Mediazione linguistica.
    – E di cosa si tratta?
    – In pratica, traduzione e interpretazione / studio per diventare traduttrice.
    – Ah, quindi studi lingue!

    *segue mia spiegazione*

    I "non addetti ai lavori" non capiscono la differenza tra i due corsi… sarà perché il termine "mediazione linguistica" è abbastanza recente.

  4. Laure

    Il y a aussi…

    – Ah bon, que vers le français ?
    – Ben oui, c'est ma langue maternelle et j'en maîtriserai jamais une autre aussi bien.
    – Ah bon.[déception en face : "mais c'est un truc de blaireau en fait…"]

    Et récemment, à Toronto :
    – Traductrice ? Ah ouais, j'ai plein de copains francophones qui font ça de temps en temps [sous-entendu : vu que c'est pas bien sorcier].

  5. Estelle

    Beaucoup (trop) entendu : "Tu fais de la traduction écrite ou à l'oral ?"… Sans commentaire, ça se suffit à soi-même 🙂

  6. ilaria

    Blandine's first case is also the reaction I normally get:

    – E che tipo di romanzi traduci?
    – Veramente traduco libri di salute e benessere…
    – Ah (delusione)

    To which I normally add: "They do sell a lot, these books, you know?" ;-)))

  7. Marie Carré

    En général, j'ai souvent à faire à des intrigués ou des enthousiastes qui rajoutent, "Donc, tu gagnes bien ta vie!"
    ;( Il y a de tout quand même! Les traducteurs ne sont pas forcément riches tout de même!

    Ma première visite sur ce blog. J'aime beaucoup.

  8. LaurentG

    Etant en agence, j'ai souvent droit à :

    "- J'ai une copine qui a passé 2 mois en Irlande y'a 2 ans. Je peux lui dire de t'envoyer son CV, t'as sûrement quelque chose pour elle."

  9. clémence

    'Ah ! Tu voudrais etre interprete ! Tu dois bien chanter alors, c'est quoi ton style de musique?'
    Scrogneugneu !

  10. Alys

    Moi en général c'est : "Mais ça doit être facile pour toi, tu es bilingue".
    **Quelle naïveté touchante.**

  11. Agnès

    Même genre de réactions que pour Blandine et Sonia ; j'ajouterais le délicieux "Ah ouais, j'avais lu une traduction sur un paquet de nouilles chinoises : incompréhensible, y savait pas écrire le mec" … Normal, c'était certainement un logiciel (ou un chinois, ou un type très mal payé).

    Ou bien, on me cite un mot ou une expression très technique en me demandant ce que ça donne en anglais (ou en espagnol), tout en s'attendant à ce que je recrache la réponse là tout de suite, comme un dictionnaire.
    Si je réponds que j’en sais rien, il y a comme de la suspicion dans l'air…

  12. Anonymous

    Quant à moi, le plus habituel c'est:
    "- Ah, j'aurai besoin de tes services un jour. J'ai quelques textes à traduire vers l'anglais.
    – Non, je traduis seulement vers le portugais.
    -(déçu) Ah, vraiment?"

    La plus grand partie des gens pensent que les traducteurs traduisent vers toute autre langue sauf sa langue native. Ceux, oui, ceux sont les bons traducteurs!

    Un client avec une petite entreprise m'a demandé une fois une traduction anglais-portugais. Très content de mon travail, il m'a appelée quelques mois après parce qu'il avait un ami qui avait besoin d'une traduction et qu'il voulait me recommander. J'ai dit: d'accord, quelle la langue? Il: C'est vers l'allemand. Moi: je ne parle pas allemand. Il: hmm, mais je pense que ça peut aussi être traduit vers l'anglais. Moi: je ne traduit pas vers l'anglais. Il: Non??? C'est bizarre, ça!

    Excusez mes erreurs de français, mais je ne traduis pas vers le français 🙂

    Cristina

  13. transtextuel

    Et la question subsidiaire: "Et ton copain, il fait quoi?"

    Pareil. Pis comme son métier à lui semble plus rigolo que le mien, la conversation dérive illico vers mon homme. 😀

  14. sgenmaster

    Moi, j'aime quand ma mère me piège et me pose des questions du genre :
    "Alors, comment on dit passoire en anglais ??" ou je ne sais quel autre idiome ou mot obscur.
    "Ben, j'en sais rien, moi."
    "Pfff, c'est quand même toi, la traductrice !"
    Nan, sans blague.

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