juin 27
LaurentBob et La Rousse
Deuxième news sur le football en quelques semaines, les amateurs de sport seront comblés ! Il faut dire que je baigne dedans en ce moment avec le Championnat d'Europe de l'UEFA
D'ailleurs, certains semblent avoir les jambes qui flageolent avec tout ce sport :
Rappelons qu'il s'agit bien d'un piédestal (pluriel : piédestaux), support isolé d’une statue, d’une colonne, d’un élément décoratif ou au figuré action, situation qui donne du prestige à quelqu'un, qui le propose à l'admiration, de "pied" et "estal" (soutien, support) en passant par l'italien et le germanique.

On constate cela dit que l'erreur a rapidement été réparée... Ouf, on peut se relever sur nos deux pieds (d’estaux ?)

mai 11
LaurentBob et La Rousse
...ça ne fonctionne pas toujours :

Crédits photo : Panoramic
Le club de football de l'Olympique de Marseille a donc dévoilé son nouveau maillot pour la saison prochaine. Outre la faute de goût, le quotidien La Provence a également décelé... une faute d'orthographe. Ce ne sont pourtant pas les textes qui abondent sur les maillots. Mais quand on veut faire des vers, on risque de devenir verts ; les ciel et blanc de l'OM s'en souviendront.
"Nos cœurs sont oranges". Oui, mais non. Nos cœurs ne sont qu'orange.
Profitons-en pour revoir un petit point de grammaire, parce que les goûts et les couleurs, ça ne s'accorde pas toujours. Et le pluriel des couleurs peut être un vrai casse-tête.
La règle générale affirme que "l’adjectif de couleur utilisé seul suit la règle générale des adjectifs et s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il qualifie", nous rappelle le Guide d'Antidote. Soit. On dira donc "De jolies fleurs bleues se cachent sous ces feuilles vertes."
La où ça se gatte, ce sont les cas particuliers. Les adjectifs deviennent alors invariables. Voici les différents cas :
- le mot couleur est suivi d'un nom : "ses yeux couleur noisette".
- la couleur dérive d'un nom : "les tulipes citron", "les pivoines framboise". Et bien sûr : "les cœurs orange". Et oui, on sous-entend le mot "couleur" (les cœurs couleur orange), ce qui nous ramène à la règle précédente.
- deux couleurs combinées : "des yeux bleu-vert", "une chevelure brun-noir". Notons que le trait d'union n'est pas obligatoire.
- une couleur avec un mot apposé : "des pousses vert pomme ou vert tendre". On sous-entend le nom commun.
Mais il y a aussi des situations plus complexes, où notre adjectif peut être tantôt invariable, tantôt accordé :
- une couleur et un complément introduit par de :
- Invariable s'il s'agit d'une véritable couleur : "une voiture jaune d'or", "une veste bleu de nuit".
- Accordé dans le cas contraire : "Elle était verte de peur", car vert n'est pas une couleur particulière, juste une image.
- des couleurs coordonnées, unies par et :
- Invariable si l'objet contient toutes les couleurs : "Sur le voilier, toutes les femmes devaient porter des robes bleu et blanc" (les robes sont bicolores).
- Accordé si c'est l'une ou l'autre couleur seulement : "Sur le voilier, toutes les femmes devaient porter des robes bleues et blanches" (certaines robes sont bleues, d'autres blanches).
- Invariable encore s'il n'existe qu'un exemplaire pour chaque couleur : "Trois robes bleue, blanche et rouge" (une de chaque couleur).
Vous vous faisiez avoir comme un bleu ? Pas de quoi rougir, il y a de quoi s'emmêler les pinceaux !
oct. 06
LaurentBob et La Rousse
Qui a dit que sport et intellect ne faisaient pas bon ménage ?
Moi qui effectue régulièrement des traductions sportives, je suis assez fasciné par le vocabulaire utilisé par les journalistes et leurs tics de langage. À commencer par les innombrables références guerrières utilisées pour des jeux qui se veulent pacifiques et même pacifistes ("Au terme d'un combat sans merci, X a vaincu son ennemi Y, qui a fini par se rendre").
Cet été, dans les pages de L’Équipe, le linguiste Claude Hagège était brièvement interviewé. Du "no trouble" à "Du côté de chez Swann", de la culture à l’inculture, il analyse quelques habitudes, bonnes et mauvaises, des journalistes sportifs, comme celle de se copier les uns les autres "sans état d'âme".
Lui qui se dit enchanté de voir L’Équipe employer régulièrement le passé simple dans ses articles, peut-être devrait-il éviter de se rendre sur le site de l’UEFA, où l’imparfait est de mise. Mais trêve de bavardage, voici l’article en question.

Dans la même veine, j’avais repéré lors de mon séjour à Barcelone un petit ouvrage fort intéressant de Néstor Hernández Alonso intitulé "El Lenguaje de las crónicas deportivas" (éd. Cátedra) qui analyse la structure des chroniques sportives, leur grammaire, leurs adjectifs, leur syntaxe, ou encore le langage sportif propre au sport féminin. Bref, un petit ouvrage fort intéressant pour les amateurs du genre (en espagnol, bien sûr).
Post-scriptum : désolé pour ma longue absence, j'ai été fort occupé en cette rentrée. Ce ne sont pourtant pas les idées de billets qui manquent. J'essayerai de vous parler bientôt du glagolitique, cet alphabet qui a ponctué mes vacances en Croatie. J'ai également dans ma besace un petit sujet sur la Sofia et sur la sortie de l'auto-entrepreneur. Soyez patients !