déc. 18
LaurentTout un métier
Décembre, c'est aussi le mois des cadeaux. Il ne reste que quelques jours avant la tournée du Grand Barbu, et si vous êtes à court d'idées, vous trouverez mes derniers travaux dans toutes les bonnes crémeries.
Pour les esthètes
Edward Hopper à New York, à l'occasion de l'exposition au Grand Palais de Paris. Le Huffington Post a écrit sur l'expo et le livre:
En réunissant plus de 50 scènes new-yorkaises saisissantes, Avis Berman explore comment le peintre et sa ville se répondent. Avec lui elle n'est plus purement plastique : elle ouvre à la perception de la solitude qui creuse la vie de ses passantes

BERMAN Avis, Edward Hopper à New York, Soline éditions, ISBN 2-87677-512-1
Pour les mélancoliques
Les Annales d’Eelin-Ok, un conte éthéré sur la vie d'un elfe des sables, dont l'existence éphémère est liée à celle du château de sable qu'il se choisit comme demeure. Une nouvelle récompensée au Prix de la littérature spéculative de la Fondation Fountain. C'est à retrouver dans la revue semestrielle Fiction. Petit extrait :
Avant qu'un château de sable ne soit érigé sur la plage, les Twilmish ne sont qu'une notion, l’imperceptible probabilité d'une présence féerique. Sous leur forme matérielle, ils hantent les côtes des siècles durant, attendant leur heure comme une idée attend d'être imaginée. Peut-être as-tu déjà vu un petit tourbillon s’élever au-dessus de la neige, l'hiver sur la plage : c'est un signe de présence twilmishe. Ce phénomène s'explique par l'énergie qu'il puise dans la rencontre entre la terre et la mer ; attraction et répulsion créent une force circulaire, comme un chien pourchassant sa queue.

FORD Jeffrey, Les Annales d’Eelin-Ok, Fiction T15, Les Moutons Électriques, ISBN 2-36183-081-6
Pour les rêveurs
Publié pour la première fois en Italie en 1973, "Robin dei Pirati" est un album aux illustrations stimulantes, très détaillées et dans un style joyeusement rétro. Le jeune Robin parcourt les mers et croise des personnages légendaires comme Moby Dick ou le capitaine Achab. Un conte dès 6 ans. La critique du blog "Journal d'un libraire" :
Les années 70 se plaisent à une érudition aventureuse, voir psychédélique, on pense à quelques dessins animés de l’époque… La jeunesse en 70 devait se concevoir comme un opéra rock au pays des pirates et des livres d’aventures. Adulte, on pense un peu aux Monty Python où tout un tas de références culturelles trouvent un délire à leur mesure. Une ambiance hors norme et des pages à regarder sans fin. A raconter où à lire tout seul….

LIBENZI E., Robin et les Pirates, Sarbacane, ISBN 2-7532-0488-1
Pour les jeunes découvreurs
Le Grand livre de l'Univers s'adresse aux plus jeunes, dès 8 ans (la couverture dit 6 ans, mais croyez-moi, ça reste scientifique et technique par endroits). Liyah en a fait sa critique, dont voici un extrait :
Ce livre est vraiment très complet, très riche et détaillé, tout en restant clair, attractif et très agréable à lire. Toutes ces qualités ne sont pas faciles à atteindre pour des livres qui se destinent aux enfants, mais qui ont pour vocation première, de faire apprendre, et découvrir les sciences.

GOLDSMITH M., Le Grand livre de l’Univers, Rouge et Or, ISBN 2-2614-0415-8
Toujours sur L'Espace, et toujours pour les plus petits (à partir de 9 ans), je vous propose cette fois un livre plus ludique car interactif : certaines doubles pages sont en effet en réalité augmentée. Placez le livre devant une webcam et des animations se lanceront sur l'ordinateur. Amusant, fascinant et intelligent !

STOTT C., L’Espace, Nathan ISBN 2-09-254286-6
Dans la même collection en réalité augmentée, si votre petit bout cherche à comprendre comment s'articule un squelette ou à quoi sert le sang, Le Corps en action répondra à toutes ses interrogations sur le corps humain !

WALKER R., Le Corps en action, Nathan, ISBN 2-0925-3564-6
juin 11
LaurentAsso and co
Nouveau : Revivez les Rencontres de la Traduction 2012 en vidéo sur le site officiel.
Je tenais à vous livrer mes impressions sur les deuxièmes rencontres de la traduction qui se sont tenues au Salon du Livre en mars 2012 depuis belle lurette, mais j'avais accordé l'exclusivité de l'article au Bulletin des Anciens de l'ESIT. Ce qui explique ce long silence monotone... Bonne lecture !
À la mi-mars, plusieurs centaines de professionnels de la traduction et de l'édition se sont donné rendez-vous porte de Versailles pour les deuxièmes rencontres de la traduction, nouveau rendez-vous annuel en marge du Salon du livre. Pour mémoire, cet événement vise à réaffirmer l'importance de la traduction dans le processus littéraire par le biais de tables rondes. Au programme cette année, « la place du traducteur à l'ère du numérique », « la traduction de la littérature japonaise », « l'atelier du traducteur » et « la retraduction ». Parmi les intervenants, des éditeurs (Francis Geffard, Philippe Picquier), des écrivains (Claro, Khaled Osman) et bien entendu des traducteurs (André Markowicz, Corinne Atlan, Cécile Sakai). Et d'autres qui sont tout cela à la fois (René de Ceccatty, Frédéric Boyer). Le tout entrecoupé d'un buffet pris d'assaut par les redoutables et trop nombreux petits doigts traduisant.
Passons rapidement la première table ronde, loin d'avoir tenu ses promesses, les intervenants s’étant quelque peu égarés dans les aspects commerciaux, oubliant au passage l'objet même de cette journée et des sujets tels que les ebooks n’ont été que survolés. Dommage.

Copyright : M.-.C.Guyon
La seconde table ronde était bien plus intéressante, même si, comme moi, vous n'avez pas un certain tropisme envers la culture japonaise. Patrick Honnoré, spécialiste des mangas, Daniel Struve, Cécile Sakai ou encore Corinne Atlan, traductrice attitrée de Haruki Murakami, nous ont ainsi invités au voyage dans l’espace et le temps « sans payer le billet ».
Mais le clou de la journée étant sans aucun doute cet « atelier du traducteur », réunissant nos « role-models » comme disent les anglophones, à commencer par André Markowicz, qui a commencé par traduire Pouchkine à 15 ans, avant d'attaquer l'œuvre de Dostoïevski et les poésies de Tchekhov. À côté de lui se trouvait David Bellos, ce Britannique au français parfait auteur de l'excellent précis de traduction Le Poisson et le bananier. Sans oublier Khaled Osman (traducteur de l’arabe et écrivain, ainsi que Julie Sibony, passée des Harlequin aux polars. Durant 1 h 30, ces héros littéraires ont livré avec humour et passion leurs réflexions et des phrases cultes (Markowicz : « Quand on traduit, on lit avec les doigts » ; Sibony : « J’ai jamais décidé de devenir traductrice, aujourd’hui encore j’hésite »). Fascinant.
Après cela, il faut dire que l’attention s’est quelque peu relâchée pour la dernière table ronde sur les raisons et les enjeux de la retraduction. J’y aurais toutefois appris qu’outre les éventuelles motivations commerciales ou de modernisation d’un texte, la retraduction peut être « mystique » (pour retrouver une vérité perdue) ou « agnostique » (pour faire « autre » et non mieux).

Copyright : M.-.C.Guyon
Le mot de la fin est revenu à Pierre Assouline, qui n’a pas manqué de rappeler que « la situation du traducteur est la meilleure en France », comparée au reste du monde.
Mais n'oublions pas que le « vrai » événement de cette journée était le Salon du livre en lui-même, où nous avons pu jouer les piques-champagne sur les différents stands après cette longue journée de stimulation intellectuelle. Que dire sur le Salon si ce n'est que c'était l'habituel joyeux bazar, paradis du livre et de la bousculade. Un stand entier était consacré aux auteurs (avec la Sofia, la SCAM ou encore la Charte des auteurs pour la jeunesse). Notons également qu'a été signé le nouveau Code des usages pour la traduction avec l'ATLF et le Centre national du livre, résultat du travail de Pierre Assouline sur l'état des lieux de la traduction en France. Ce fut également l'occasion pour Olivier Mannoni, président sortant de l'ATLF, de présenter la nouvelle école de traduction littéraire, dont la première session expérimentale avec une quinzaine d’étudiants aura débuté au moment où vous lirez ces lignes.

Copyright : M.-.C.Guyon
Personnellement, j'ai trouvé que 2012 était un bon cru, même si je n’avais pu assister aux rencontres de la traduction l'année dernière et ne peux donc comparer. Si les tables rondes étaient de qualité inégale, nous avons tout de même eu la chance d'écouter de grands passeurs, et comme à chaque fois, de retrouver des collègues et d'échanger des cartes de visite !
Retrouvez le programme complet des rencontres de la traduction 2012.
nov. 01
LaurentAsso and co, Blogs et traduction
Vous êtes traducteur éditorial ? Vous fréquentez assidûment la bibliothèque de votre quartier, dont vous parcourez les rayons Feng Shui ou Jeunesse juste pour la satisfaction légèrement honteuse de voir votre nom dans un lieu public ? Et bien sachez que 1) vous n'êtes pas le/la seul(e) et 2) ça peut vous rapporter de l'argent !

Laissez-moi vous présentez ma chère amie Sofia. Voici ce qu’on peut lire sur son site :
Sofia, Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit, est une société civile de perception et de répartition de droits, administrée à parité par les auteurs et les éditeurs dans le domaine exclusif du Livre. Seule société agréée par le ministre chargé de la Culture pour la gestion du droit de prêt en bibliothèque, Sofia perçoit et répartit le droit de prêt en bibliothèque. Elle perçoit et répartit également, à titre principal, la part du livre de la rémunération pour copie privée numérique.
Mais qu'est-ce donc que ce mystérieux droit de prêt ?
La loi n°2003-517 du 18 juin 2003 relative à la rémunération au titre du prêt en bibliothèque et renforçant la protection sociale des auteurs institue une licence légale du droit de prêt public et met en place un système de gestion collective obligatoire. [...] Cette loi autorise le prêt des livres en bibliothèque, les auteurs et les éditeurs bénéficiant en contrepartie d’une rémunération équitable financée par une contribution forfaitaire de l’État fixée par décret et par une redevance de 6% du prix public hors taxes du livre vendu à une bibliothèque de prêt, montant versé par le libraire.(Source)
(Notez que cela fonctionne aussi pour les livres traduits pour les éditeurs francophones étrangers et pour les livres traduits en anglais)
Mes chers confrères, vous savez donc ce qu'il vous reste à faire pour voir tomber des chèques dans votre boîte à lettres sans même y penser : adhérez à la Sofia ! Il vous en coûtera une bonne fois pour toutes 38 € pour votre part sociale (vous pouvez également attendre qu'elle soit déduite de votre premier chèque).
juin 13
LaurentMes Outils
Pour commencer cette nouvelle semaine du bon pied, comme promis, voici un nouvel épisode de la saga sur les outils du traducteur. Après avoir vu comment et pourquoi faire un devis en traduction, je vais donc vous parler des factures. Si le pourquoi semble évident, le comment est plus mystérieux.
N’oubliez pas que ces informations concernent le marché français uniquement.
La Chambre de commerce et d’industrie de Lyon propose un document très complet sur la facture, définie comme « un document de nature comptable établi par l’entreprise commerciale pour constater les conditions d’achat et de vente de produits, denrées, marchandises ou services rendus ».
La liste de mentions obligatoires étant assez longue, je ne vais pas la copier ici, mais je vous renvoie au document en question.
Un point qui me tient à cœur : le délai de paiement. La loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008 instaure un délai de paiement limité à 45 jours fin de mois ou 60 jours à compter de la date d'émission de la facture. Mais rien ne vous empêche de réduire ce paiement, notamment dans vos CGV, à 30 jours par exemple.
Petites précisions terminologiques : l’expression « 30 jours fin de mois » signifie que l’on compte 30 jours, puis on se place à la fin du mois (exemple : je fais ma facture le 10 juin, j’ajoute 30 jours, soit le 10 juillet, et je saute à la fin du mois : la facture est donc à régler le 31 juillet au plus tard). L’expression « 60 jours à compter de la date d’émission » signifie tout simplement 60 jours calendaires : une facture émise le 10 juin est à régler le 10 août.
Pour ma part, j’ai ajouté sur mes factures que tout retard de paiement était susceptible d’être pénalisé à hauteur de 15% du montant de la facture. La loi citée ci-dessus indique quant à elle que « le taux d'intérêt minimal des pénalités de retard sera porté à 3 fois le taux d'intérêt légal ».
Les autoentrepreneurs, qui ne sont pas assujettis à la TVA, ont deux autres mentions obligatoires :
- À côté du montant total à payer : TVA non applicable, art.293-B du CGI
- À côté de votre numéro SIRET et code APE : Dispensé d'immatriculation en application de l'article L123-1-1 du code de commerce ou en application du V de l'article 10 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement du commerce et de l'artisanat
Et comme je suis un Bisounours, voici un modèle de facture que vous pourrez adapter et utiliser à votre convenance. Pour la petite histoire, je le fais sous un tableur pour me faciliter les calculs, mais sous Word, ça fonctionne tout aussi bien. Ah et tant que j’y pense : enregistrez vos factures en PDF avant de les envoyer, ça évitera des soucis.
Modèle de facture
juin 06
LaurentMes Outils
J’aimerais revenir un peu aux sources de NJATB, à son utilité initiale : donner des conseils et des infos pratiques sur la traduction. Aujourd’hui, je vais donc vous donner toutes les informations nécessaires pour faire un bon devis. Et demain, on parlera facture.
Une petite précision s’impose avant de commencer : les informations que je vais vous donner ici concernent le marché français uniquement. Il peut y avoir des différences significatives dans les autres pays, que ce soit au Canada, en Belgique ou dans les pays anglophones. Pensez donc à adapter le devis à la loi de votre pays.
Un devis, à quoi ça sert ? Comme on dit souvent : mieux vaut prévenir que guérir. La pire chose qui puisse se produire est qu’un client peu scrupuleux nie avoir commandé une traduction après que vous lui avez renvoyé votre travail, tout ça pour avoir un texte à l’œil. Et sans devis, bon de commande ou autre trace écrite, vous n’avez rien pour prouver sa mauvaise foi.
Si une simple gribouille peut faire l’affaire, comme un e-mail où le client vous demande de traduire tel document, mieux vaut généralement un bon de commande (émis par le client) ou un devis (émis par le traducteur) en bonne et due forme. Et puis ça ne coûte que quelques minutes...
Il existe alors un certain nombre de mentions à faire figurer sur le devis : coordonnées du traducteur et du demandeur, date de réception, de livraison, titre du texte, délai de validité du devis, tarif à l’unité (mot, page), tarif total, conditions de facturation… Et le fameux « Bon pour accord » du client.
Plutôt que de vous laisser davantage dans le doute, je vous propose de télécharger ci-dessous un modèle de devis type pour la traduction. Vous devez bien entendu adapter le contenu à vos besoin, en ajoutant notamment vos conditions de vente (ou celles de la SFT) et les termes négociés directement avec votre client.
Modèle de devis
Sachez qu’il est également possible de demander un acompte, ce qui est pratiqué par de nombreuses professions, notamment pour les contrats les plus importants
Prochain épisode : la facture !