mars 27
LaurentTout un métier
Vous vous en souvenez peut-être, j'avais pris la résolution, il y a quelques mois, de me prendre des "working vacations", au sens où l'entend Sarah Vilece de Translating Berlin. Et comme elle le dit si bien, il ne faut pas confondre ces "vacances de travail" avec des "vacances passées à travailler". Le principe est simple: il s'agit de partir quelques semaines hors de son lieu de vie et de travail habituel, afin de se ressourcer tout en continuant à assurer son travail normalement.
Pour ma part, j'ai choisi de m'exiler aux États-Unis pendant les deux prochains mois. J'ai la chance d'y avoir de la famille, je suis donc confortablement installé et n'ai pas à me soucier des questions de loyer ou d'accès internet. Le cadre est propice au travail, le temps aussi (si vous avez vu The Ghost Writer, vous comprendrez de quoi je parle) et des écureuils cascadeurs viennent me tenir compagnie.
Tout cela est bien joli, mais quel est le véritable intérêt de ces vacances de travail?
- Il s'agit avant tout de travailler. Je suis arrivé sur la côte Est depuis bientôt une semaine, et je viens de traverser ma semaine la plus chargée de l'année.
- Je voulais changer d'air et me dépayser: j'aime la vie parisienne, mais une bonne dose d'iode ne fait jamais de mal.
- Je compte bien pratiquer et renforcer mon anglais. C'est tout de même mon outil de travail principal et je ressentais le besoin et l'envie de l'actualiser un peu.
- C'est l'occasion idéale de s'ouvrir sur un nouveau marché. Chercher des contacts, rencontrer des collègues et des prospects, participer aux groupes locaux de l'ATA... J'espère pouvoir vous en dire plus dans les prochaines semaines.
- Enfin, bien entendu, dans "vacances de travail" il y a "vacances" ! Ce serait trop dommage de rester enfermé deux mois, comme si j'étais dans mon appartement parisien. Si mon but principal reste donc le travail, cela ne m'empêche pas de m'accorder un peu de temps pour visiter la région, reprendre une activité sportive, me cultiver, etc.
Si vous voulez en savoir plus sur les "working vacations", je vous conseille fortement de faire un tour sur Translating Berlin. Sarah nous livre une série d’un, deux, trois et quatre billets pour réussir son séjour. Par ailleurs, le Collège international des traducteurs littéraires (CITL) accueille des traducteurs littéraires en résidence à Arles, pour des séjours d’une semaine à trois mois (à raison de 20€ par jour).
Et vous, pourriez-vous partir en vacances pour travailler ou seriez-vous trop tenté de procrastiner?
janv. 21
LaurentTout un métier
Voilà un sujet bien vaste et ambitieux : quels tarifs pour quelles traductions ? À cette question délicate, je n’apporterai pas de réponse chiffrée. Il est bien évidemment impossible de déterminer un prix unique pour une prestation intellectuelle comme la traduction. Cependant, bien que je ne sois pas "dans le circuit" depuis très longtemps, j’ai pu bénéficier de l’expérience de plusieurs traducteurs chevronnés, des conseils précieux qu’il convient donc de partager, pour que nous puissions continuer à vivre de notre métier.
Les jeunes traducteurs sont particulièrement exposés à cette question. Quel chiffre indiquer lorsqu’un client ou une agence nous demande nos tarifs au mot ou à l’heure ? Doit-on facturer au mot source ou au mot cible ? Et bien tout dépend ! Les facteurs déterminants sont nombreux : la combinaison linguistique, la nature du texte, son support, le délai, le client, la qualité de rédaction, etc. Pour se faire une idée du marché de la traduction technique, le plus simple est encore de consulter les études menées par la Société française des traducteurs (SFT), qui publie régulièrement des documents sur les habitudes tarifaires des traducteurs. La dernière en date a été publiée fin 2008 et est disponible gratuitement sur le site de la SFT. On y constate par exemple que le tarif moyen d’une traduction technique de l’anglais vers le français est de 0,12 € par mot source, mais peut s’élever jusqu’à 40 centimes ! On peut également voir que la traduction finnois-français est plutôt rentable, avec une moyenne de 0,31 € par mot (serait-ce la réponse à mon message du 12 décembre ?). Cette étude détaille également les habitudes de facturation, les majorations, la clientèle, les types de textes, etc. traités par près de 1 000 traducteurs interrogés.
Une enquête similaire a été lancée par une agence de traduction, TradOnline. Également très intéressante, elle est disponible en suivant le lien à la fin de ce message. Pour les traducteurs littéraires, le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL) publie une enquête comparative sur les revenus des traducteurs en Europe.
J’en profite pour vous renvoyer vers des blogs de traducteurs expérimentés qui prodiguent de nombreux conseils à lire absolument !
Téléchargez les enquêtes sur les tarifs de la traduction :
SFT : Résultats de l'enquête de 2008 sur les tarifs et les pratiques professionnelles.
TradOnline : Enquête auprès des traducteurs indépendants de la filière française.
CEATL : Revenus comparés des traducteurs littéraires en Europe.