mars 16
LaurentArnaques crimes et traductions
12. Le traducteur s’interdit de même de porter préjudice à la profession par toute action, notamment en acceptant des conditions de travail incompatibles avec les exigences du présent code de déontologie.
Code de Déontologie des traducteurs, ATLF, 1988
Une piqûre de rappel indispensable quand on croise, dans les travées du Salon du Livre en 2012, des éditeurs (étrangers) qui n'ont pas honte de proposer 3 € par page de 2000 signes ("indemnités de frappe au clavier").
mars 11
LaurentBlogs et traduction

Un message rapide pour vous présenter le nouveau blog de l'ATLF (l'Association des traducteurs littéraires de France).
Cet espace se veut collaboratif et donne une voix aux traducteurs d'ordinaires silencieux et transparents. Au menu, des citations, des infos sur l'association et la profession et des scribulettes sur l'art de traduire. Il est très plaisant à lire et les mises à jour sont régulières.
Pour participer, il faut être membre de l'ATLF. Après une période de "rodage", vous pourrez soumettre vos articles au comité de rédaction, mais vous pouvez déjà vous familiariser avec la Nétiquette du blog et les FAQ.
mars 06
LaurentAsso and co
Une fois n'est pas coutume, parlons un peu de traduction littéraire. Que je vous situe la chose : oui je suis traducteur technique, non je ne traduis pas du Cormac McCarthy. Mais comme tout traducteur qui se respecte, l'appel de la littérature a un petit côté excitant, impossible, irrésistible. C'est un peu le défi ultime. L'aventure qui nous apportera la gloire (et pas grand-chose d'autre, vue la paye).
Saluons donc l'initiative des organisateurs du Salon du Livre qui proposent, pour la deuxième année consécutive, une journée consacrée à la traduction littéraire. Le programme définitif vient d'être publié. Cet événement à ne pas manquer aura lieu le jeudi 15 mars, à la Porte de Versailles à Paris, de 9h30 à 17h. Le programme compte quatre tables rondes plus intéressantes les unes que les autres et abordant notamment la traduction à l'ère numérique, la littérature japonaise ou encore la retraduction. Parmi les intervenants, des traducteurs, des éditeurs et des écrivains : que du beau monde.
Notez également que d'autres événements porteront sur la traduction durant le Salon du Livre, avec plusieurs conférences et ateliers les samedi 17 et dimanche 18.
Pour ma part, j'ai l'honneur d'être invité par les organisateurs du Salon du Livre. J'assisterai donc à ces rencontres de la traduction et tâcherai d'en faire un petit compte rendu ici même. Et si vous me cherchez les jours suivants dans les allées du Salon, je serai probablement en train de m'extasier comme un gosse de 8 ans devant les rares livres où mon nom est inscrit sur la page de garde !
déc. 03
LaurentAsso and co
Comme je viens tout juste de rejoindre l'ATLF (après l'AAE-ESIT, la SFT, la Sofia, la Scam et des passages au CIoL et à la NETA et en attendant une éventuelle adhésion à l'ATAA), j'en profite pour diffuser le message d'un autre acronyme d'une autre organisation, qui fait également un travail remarquable pour la défense des traducteurs littéraires en Europe, j'ai nommé le Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (le CEATL). Celui-ci publie en effet son "Hexalogue", un code de bonne conduite en six points à l'intention de tous les acteurs de la traduction littéraire (auteurs, traducteurs, éditeurs, etc.). Je vous le reproduis ici, mais sachez que vous pourrez le retrouver en téléchargement sur leur site. Ah, et n'oubliez pas le Salon du livre et de la presse jeunesse, ce week-end à (côté de) Paris.
Hexalogue
Les six commandements du « fair-play » en traduction littéraire, adoptés par l’Assemblée générale du CEATL le 14 mai 2011.
1. Cession de droit
La cession des droits encadrant l’usage de l’œuvre traduite sera limitée dans le temps à un maximum de cinq ans ainsi qu’aux limites et à la durée de la cession des droits de l’oeuvre originale. Les droits cédés seront détaillés dans le contrat.
2. Rémunération
La rémunération pour l’oeuvre commandée sera équitable; elle permettra au traducteur d’en vivre décemment et de rendre une traduction de bonne qualité littéraire.
3. Modalités de paiement
À la signature du contrat, le traducteur recevra un à-valoir sur la rémunération d’au moins un tiers. Le solde lui sera versé au plus tard à la remise du manuscrit.
4. Obligation de publication
L’éditeur publiera la traduction dans les délais fixés dans le contrat, au plus tard deux ans après la remise du manuscrit.
5. Participation aux droits d’auteur
Le traducteur aura droit à une participation équitable aux droits d’auteur pour l’exploitation de son oeuvre sous quelque forme que ce soit, à partir du premier exemplaire.
6. Nom du traducteur
Auteur de la traduction, le traducteur sera nommé partout où le sera l’auteur de l’original.
nov. 28
LaurentAsso and co
(...un samedi en plus, non mais quelle idée.)
Le 26 novembre dernier avait lieu la traditionnelle Matinale de la SFT, ce petit-déjeuner mensuel réunissant des traducteurs autour d'un café et d'un grand thème, présenté par des spécialistes de la question. Ces conférences-croissant attirent généralement du beau monde, et celle de novembre n'a pas dérogé à la règle : Ma Voisine Millionnaire, Worker Bee, Cat(s), Books & Rock 'n' Roll ou encore Les Piles (par la pensée) étaient tous présents.
Ce samedi-là, donc, le thème de la matinée portait sur le panorama de la traduction audiovisuelle, une branche bien à part dans le microcosme traductologique, où vivent d'étranges créatures capables de disparaître sous des centaines de mètres de bande pendant plusieurs semaines. La matinale était animée par Isabelle Audinot et Sylvestre Meininger, vice-président de l'ATAA, l'association des traducteurs et adaptateurs de l'audiovisuel.
Devant une soixantaine de traducteurs ignorants et captivés (dont moi-même), nous avons été initiés aux différences entre doublage, sous-titrage et voice-over, pour la télé ou le ciné, ainsi qu'aux "réalités d'un secteur en crise". Si traduire pour la télé ou le ciné vous attire, je vous encourage fortement à parcourir le site (et le blog) de l'ATAA ainsi que l'inévitable blog des Piles Intermédiaires.
Dans un univers où "les traducteurs sont choisis par l'équivalent des imprimeurs", où "les prix ont chuté de 60% en 15 ans", où seule "une vingtaine de traducteurs vivent du cinéma" et où la force de travail croît de près de 10% par an (soit 60 nouveaux diplômés chaque année), les traducteurs audiovisuels ont la vie dure. Comme l'a d'ailleurs avoué Isabelle, qui a plus de 150 films à son actif, "l'objectif n'est surtout pas de créer des vocations", le secteur est déjà saturé.
Et pourtant, il faut avouer que voir son nom au générique d'un film (même tout à la fin) ou entendre nos répliques sortir de la bouche de George Clooney, ça doit être grisant.