Archives pour la catégorie ESIT

Le bilan du jeune diplômé

15 mai 2009 2 commentaires
Pour la toute première fois depuis que je suis sorti de l’école de traduction, il y a un an tout juste, je suis passé de l’autre côté de la salle de conférence. Du côté des micros. Du côté des intervenants. Du côté des profs. Et tout ça devant des étudiants de mon âge, voire plus âgés, et dont certains sont même de bons amis.

Cette « table ronde » visait à répondre aux questions des étudiants sur les premiers pas des jeunes diplômés de l’ESIT dans le « monde réel », celui qui fait peur. Sans surprise, les doutes des futurs diplômés portaient surtout sur le statut du traducteur : portage, salariat, urssaf, agessa, BNC, auto-entreprise… Des termes qui sont encore barbares pour les blanches âmes que nous sommes avant le rite initiatique des examens de fin d’année. Comment se constituer une clientèle, comment ne pas sombrer dans la folie du libéral solitaire, comment survivre dans cette taïga traductologique. Nous avons fait de notre mieux pour rassurer nos futurs collègues.

C’est une sensation assez particulière de se retrouver au micro : suis-je vraiment bien placé pour parler du monde professionnel alors qu’il y a un an à peine, j’étais encore en train de plancher sur mes examens ? C’est sans doute l’occasion de faire un premier bilan de cette année écoulée. Suis-je heureux de ma situation professionnelle ? Est-elle conforme à l’idée que je m’en faisais un an auparavant ? Ai-je réalisé mes objectifs ?

Je n’ai pas l’intention d’étaler mon introspection sur ce blog. Mais je peux au moins dire que je n’ai jamais regretté de m’être lancé dans la traduction, et que j’ai accompli certaines choses dont je ne me croyais pas capable il y a peu. Cette année en tant que professionnel a été véritablement formatrice, probablement plus encore que mes trois ans d’école de traduction. Et ce fut un vrai bonheur.

L’ESIT fait sa révolution

25 mars 2009 4 commentaires
Alors que l’ESIT a récemment fêté ses 50 ans, mes sources internes m’ont informé que l’École supérieure d’interprètes et de traducteurs s’apprête à révolutionner son enseignement.

Si les les étudiants actuels en traduction ont déjà remarqué quelques petites évolutions cette année (contrôle continu et abaissement des frais d’inscription, notamment), le changement le plus radical reste la suppression de l’année préparatoire, cette année théorique de niveau licence, dès la rentrée 2009. Une mesure qui permet à l’ESIT de se caler sur le modèle LMD en proposant un master professionnalisant en deux ans. De fait, les conditions d’admissions évoluent également, puisqu’il est désormais nécessaire d’être titulaire d’une licence (ou équivalent) contre un simple DEUG auparavant.

Mais dès les prochaines années, des changements encore plus importants vont être progressivement mis en place. Ainsi, la première année de master devrait voir apparaitre une formation à l’interprétation de liaison. Une très bonne chose qui pourrait permettre aux traducteurs de jeter un œil sur ce que font nos cousins interprètes. La « contraduction » pourrait également voir le jour : ce mot-valise, formé par la fusion de « contraction » et « traduction », désigne un enseignement où les étudiants devront résumer en français un ensemble de textes en langues étrangères (j’insiste sur le pluriel).

Mais selon moi, c’est l’arrivée de l’alternance en deuxième année qui va permettre à l’ESIT de proposer une véritable formation professionnelle. Durant mes trois ans de formation, je n’ai jamais autant appris que pendant mes stages (je dois reconnaitre que certains profs ont tout de même eu une influence considérable sur mon travail). Les exigences du monde du travail sont à mille lieues (ou lieux ?) du cadre scolaire, sans compter que la formule du stage obligatoire présente de nombreux inconvénients : aucune période n’étant spécifiquement consacrée au stage, il est souvent difficile de trouver le temps et les moyens de faire un stage à côté des cours ou d’un job rémunéré (permettant de financer ses trois tomates à crédit).

Ah, j’oubliais le déménagement. D’ici quelques temps, l’ESIT pourrait également quitter l’ancien siège de l’OTAN (l’actuelle université Dauphine) pour rejoindre un quartier bien plus sympathique, au cœur de Paris : la « magnifique » et désamiantée université Jussieu… Ou au contraire être rattachée à Dauphine plutôt qu’à Censier ! Tout ça dépend des relations entre têtes pensantes et reste donc susceptible d’évoluer (ou pas).

Notons que l’ISIT, homologue catho-privé de l’ESIT, a également entrepris quelques réformes vers la professionnalisation de sa formation. Mais contrairement à l’ESIT, l’Institut de management et de communication interculturels à choisi de s’orienter vers le commerce et la communication plutôt que la traduction pure, d’où l’abandon de son ancien nom (Institut supérieur d’interprétation et de traduction).

Nos deux écoles parisiennes feraient-elles tout pour se distinguer l’une de l’autre ?